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Où en est Pôle emploi ?

Marie-Laure Meyer, conseillère régionale (Ps) d’Île de France et présidente déléguée de la Maison de l'Emploi et de la Formation de Nanterre siège, au titre de l’Association des régions de France, au conseil d’administration de Pôle emploi.

C’est un mandat dont elle ne se glorifie guère d’ailleurs puisqu’elle estime dans un article de son blog (26/07/2009) qu’il s’agit d’un « CA potiche, auquel je participe tous les mois au titre des régions, qui analyse la hausse du chômage, entérine (avec plus ou moins de réticences mais l'Etat est quasiment majoritaire à lui tout seul, il suffit qu'il ait l'appui du MEDEF) les décrets successifs du gouvernement mais ne discute ni de l'offre de services, ni de la stratégie de formation, ni de l'organisation territoriale, ni de l'anticipation des effets de la crise (montée du chômage, montée du chômage longue durée, déqualification, mutation des métiers). »

Malgré tout, Marie-Laure Meyer essaie de faire le point pour savoir « où en est Pôle emploi ». Pour elle, le fait marquant est le rôle du secrétaire d'État à l’emploi, Laurent Wauqiez. Elle intitule d’ailleurs son papier : « Pôle emploi : le besoin de tout décider du ministre Wauquiez. »

Dans son analyse, la conseillère régionale socialiste considère que Laurent Wauqiez « a considéré que la fusion allait lui permettre de devenir un vrai "chef", et non plus "sous-chef" de Mme Lagarde, et que la terre ne peut pas tourner s'il ne décide pas pour tout le monde, en particulier ces dangereux gauchistes que sont les partenaires sociaux et les collectivités locales. »

L’élue francilienne déplore que « du coup, au lieu de jouer son rôle de tutelle et de partenaire des acteurs de terrain, ce qu'on attendrait d'un État républicain digne de ce nom, garant de l'efficacité, de l'égalité et de l'innovation, il se mêle de tout. »

L’ancienne adjointe au maire de Nanterre regrette que le ministre ait imposé Christian Charpy, ancien dirigeant de l’Anpe, comme directeur général. Elle remarque qu’il « essaie par tous les moyens de déposséder les collectivités locales de leurs compétences, aux dépens des demandeurs d'emploi ». Elle critique son peu d’attention à la formation professionnelle pour les demandeurs d'emploi. Elle dénonce la « casse » de l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes). Enfin, Marie-Laure Meyer estime que la baisse des offres d'emploi, « pourtant bien plus grave que la montée du chômage » supposerait « une vraie capacité à piloter des partenariats territoriaux avec les conseils régionaux sur le développement de l'emploi local. »

Son appréciation de la situation de Pôle emploi est donc assez négative : « des personnels excédés par une charge de travail massive, des conditions de fonctionnement inefficaces car l'acquisition trop rapide de la double compétence crée des erreurs et des retards, des relations tendues avec les demandeurs d'emploi. »

Très critique sur son rôle, elle remarque cependant, après avoir pointé le fait que les « demandeurs d'emploi passent leur temps à téléphoner » : « si, le CA a servi à quelque chose, j'ai obtenu que les communications ne soient plus surtaxées ! »

Le bilan de la fusion est à ce jour un « ratage » pour la représentante des régions. Elle voit « des chefs d'entreprises furieux de ne pas avoir d'interlocuteurs disponibles », « des directeurs régionaux de Pôle emploi qui ne savent plus s'ils dépendent du directeur général ou s'ils sont aux ordres du préfet de région », « des directeurs de mission locale qui gèrent un afflux de 30% de jeunes supplémentaires, avec des financements de Pôle emploi plafonnés à 130 000 jeunes soit à peine 1/5 du total » et enfin « un appel à des prestataires privé qui coûtent 3 à 4 fois plus chers que les personnels publics (Pôle emploi, missions locales, plans locaux d'insertion) pour des résultats bien moins bons. »

La fondatrice de la maison de l’emploi et de la formation de Nanterre (Hauts de Seine) fait remarquer que, selon elle, la crise fait que « des stratégies territoriales locales sont indispensables. »

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