Un point de vue particulièrement intéressant sur le projet de fusion Anpe / Unédic a été publié par le quotidien de l’île de La Réunion, Témoignages, proche du parti communiste réunionnais, le 22/10/2007.
Stéphanie Longeras se demande d’abord « si la nécessité de faciliter les démarches administratives du demandeur d’emploi est actée par tous (…), que les Maisons de l’Emploi (…) sont bien accueillies, on peut légitimement se demander à quoi bon fusionner les deux administrations au sein d’une nouvelle structure (…) ? Cette fusion va-t-elle remettre en cause les Maisons de l’Emploi ? Laquelle des deux cultures va prédominer ? Celle comptable et de contrôle de l’Unedic (…) ou la culture plus sociale de l’Anpe ? »
La rédactrice du quotidien de Saint Denis remarque ensuite que, si « Christine Lagarde, prétend que la fusion Anpe / Unedic permettra de réduire le taux de chômage à 5% d’ici la fin du quinquennat, elle n’apporte aucune précision concernant celui des DOM, et particulièrement de La Réunion, qui plafonne toujours autour des 30%. » Elle relève que le portefeuillegéré par les agents Anpe ne s’évalue pas à 120, mais à 300 demandeurs d’emploi par agent.
Elle donne ensuite la parole à différents responsables locaux, pour évaluer l’impact de la fusion vue du terrain.
Mathieu Emmanuel, secrétaire à l’Action sociale et revendicative de la CFDT, agent Mission locale et trésorier de l’Assedic qualifie la fusion de « machin, zafèr, truc » dénué de forme statutaire palpable. Il défend la spécificité locale et met en doute la capacité de structures privées à gérer ici le marché du placement.
Annick Le Toullec, chargée de la Formation professionnelle au conseil régional de la Réunion se plaint du manque d’information. « Le gouvernement ne s’est pas concerté avec la Région, comme pour la mise en place des Maisons de l’Emploi d’ailleurs. ».
Pour Pascal Hoareau, membre de la CGTR-Anpe, « au-delà de la question des statuts qui (…) on s’inquiète de savoir quelles orientations seront affectées à cet organisme. Chacun son rôle ! On ne peut prétendre à une union syndicale au sein de cette structure, à s’entendre sur une ligne, sur des options a fortiori pas très claires, c’est un leurre ! ».