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Le domaine de création d’entreprise a profondément évolué en 2009, le bouleversement touchant aussi bien son objet que ses structures.
L’élément fondamental, c’est l’apparition du statut de l’auto-entrepreneur. Même s’il sera, nécessairement, recadré, il ouvre un champ inconnu jusqu’ici. Il n’y a plus de césure, mais un continuum entre les différentes formes d’emploi, salarié ou indépendant. Rien n’est bien sûr réglé, quant à la place de l’auto-entrepreneur dans la société et au rôle des organismes professionnels ou d’appui-conseil.
En matière d’appui aux entrepreneurs, la transformation la plus évidente est l’orientation vers une marchandisation de ce qui relevait principalement jusqu’ici du partenariat et de l’agrément d’organismes compétents. Des marchés sont conclus sur appels d’offres pour les prestations aux demandeurs d’emploi (Cible emploi et évaluations préalables à la création ou reprise d’entreprises pour Pôle emploi), pour jeunes des quartiers (contrats d’autonomie), pour le nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise (Nacre), etc.
De nouveaux intervenants apparaissent donc, sur ce qui est désormais qualifié de marché, alors qu’ils étaient jusqu’ici en lisière du secteur : experts-comptables, agences d’intérim, cabinets de reclassement…
Le démarrage de ces dispositifs (Nacre, contrats d’autonomie) montre cependant une des difficultés de l’exercice qui place l’appui à la création d’entreprise et à l’accès à l’emploi uniquement dans le champ concurrentiel : l’exclusion de certains publics est accentuée. En effet, les opérateurs sont payés en fonction du résultat et sur des contingents limités. Rien d’étonnant donc qu’ils préfèrent évidemment recevoir un futur entrepreneur ayant de grandes chances de mener à bien son projet plutôt que de risquer un échec statistique en accompagnant un porteur de projet plus précaire.
De plus, l’ancrage dans le secteur commercial du cœur de l’appui à la création d’entreprise souligne l’importance du renforcement d’activités en amont : le travail de sensibilisation et d’aide à l’émergence d’entrepreneurs. Le renforcement des services d’amorçage de projets dans les quartiers (CitésLab) et du réseau Balise montrent que les initiatives sont là, même si leur financement est loin d’être simple.
Le développement des services à distance, l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) étant pionnière en la matière avec Adie Connect, constitue un nouvel enjeu pour le secteur.
Le secteur de la formation à l’entrepreneuriat évolue également, avec une tendance nouvelle vers la reconnaissance de diplômes pour des personnes engagées dans un processus entrepreneurial : école des entrepreneurs en économie sociale et solidaire de Montpellier, diplôme de créateur d’activités dans plusieurs IUT à l’initiative des groupements de créateurs, certificat entrepreneur et petite entreprise du Cnam, élargi au secteur de l’artisanat avec les chambres de métiers, lancement d’une licence professionnelle, toujours par le Cnam, renforcement d’incubateurs et de formations dans des écoles de commerce (Advancia, Essec), etc.
Enfin, le tutorat des créateurs d’entreprises reste toujours en devenir ; mais la publication le 26 juin 2009 de l’arrêté désignant les réseaux qui pourront labelliser des bénévoles va sans doute très bientôt accélérer les choses. Jusqu'ici, seules quelques maisons de l'emploi, comme celle d’Ajaccio en Corse, s’efforçaient d’appliquer ce dispositif. La prime accordée aux accompagnateurs bénévoles étant assez conséquente, elle risque d'attirer du monde. On remarquera que les 1000 euros de réduction d'impôt promis à un accompagnateur bénévole pour suivre un chômeur créateur sont bien supérieurs aux 450 euros (brut) que perçoit un organisme professionnel pour une prestation...
