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Marie-Christine Dalloz : nous constatons des dérives

Marie-Christine Dalloz, députée Ump du Jura, a été rapporteure de la mission parlementaire d’information sur les Maisons de l’emploi. Dans un entretien avec Renée David-Aeschlimann publiée par Centre-Inffo (05/2009), elle préconise un contrôle accru du financement des maisons de l'emploi et une évaluation externe de leurs activités.

Marie-Christine Dalloz, qui préside la maison de l'emploi du Haut Jura (Saint Claude) avait publié le 11 mars 2009 son deuxième rapport à l’Assemblée nationale : mise en œuvre des préconisations de la mission d’information sur les maisons de l’emploi.

La « fusion obligatoire » des Comités de bassin d’emploi (Cbe) et des plans locaux d’insertion par l’activité économique (Plie) au sein des Maisons de l’emploi est d’abord évoquée. Marie-Christine Dalloz se dit « forte du soutien de Laurent Wauquiez », secrétaire d’État à l’emploi « qui trouve une logique à cette intégration », et constate que les trois instances sur les mêmes territoires « font souvent le même travail avec des financements de l’État. Il y a donc un premier problème d’optimisation de l’utilisation des deniers publics. »

Mais elle affiche une ambition limitée : « je les vois donc resserrer leur activité sur ce terrain avec les CBE et les Plie, qu’il s’agisse d’une véritable fusion avec disparition des entités juridiques ou de mutualisation de moyens. » La rapporteure souligne que nombre de « Maisons de l’emploi intègrent déjà des Plie ou des Missions locales. »

Concernant les attributions des Maisons de l’emploi et leur rapport avec Pôle emploi, la parlementaire considère que « le métier des Maisons de l’emploi n’est pas d’accompagner les personnes en recherche d’emploi, mais d’anticiper les mutations territoriales en termes d’activités et de compétences requises, grâce à leurs réseaux d’entreprises. »

Pour l’élue, la mission des maisons de l'emploi devrait être « la réflexion en amont de l’accompagnement. Elles devraient fonctionner comme des observatoires voués à l’anticipation, à la stratégie avec la mise en place de GPEC territoriales. L’ingénierie devrait aussi constituer une activité importante en termes de développement territorial, notamment en matière de formation. »

Concernant les Missions locales, celle qui est également conseillère générale du Jura ne voit « pas de caractère obligatoire à leur intégration dans les Maisons de l’emploi ».

C’est sur le financement par l’État des Maisons de l’emploi que Marie-Christine Dalloz se fait précise, préconisant de retenir « la population du bassin d’emploi » comme « base importante de calcul » et renouvelant sa proposition d’un poste de salarié par 20 000 habitants. Elle évoque « des dérives ou abus avec des Maisons de l’emploi comportant 36 salariés pour 320 000 habitants comme à Dijon, et 3 pour 500 000 à Strasbourg. »

Il ne s’agira certes pas du seul critère : « L’Igas, qui a été missionnée pour revoir le cahier des charges des Maisons de l’emploi, devrait intégrer des effets pondérateurs à ce calcul, tels que les facteurs environnementaux ou d’infrastructures ». Mais la députée n’est « pas favorable à ce qu’on intègre la variable chômage, qui est à mettre en relation avec d’autres initiatives financées par l’État, comme des plans de revitalisation. »

Concernant la place des élus locaux la parlementaire franc-comtoise considère que la politique de l’emploi est « une politique nationale avec ses déclinaisons territoriales, assurant ainsi une égalité d’accès au service public de l’emploi. »

Concernant l’évaluation, la vice-présidente de l’Alliance villes emploi conteste la procédure d’auto-évaluation : « on sait que le rôle des élus est crucial en matière de labellisation et que le respect du cahier des charges peut varier d’une Maison de l’emploi à l’autre. Je pense qu’on rendra un grand service aux Maisons de l’emploi si l’instance d’évaluation devient la DGEFP, par l’intermédiaire des DDTEFP. »

 Marie-Christine Dalloz, députée du Jura

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