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André Jaunay, chef du service Entreprises au Conseil régional d’Île de France, responsable d’un réseau international d’experts de l’appui à l’entrepreneuriat (Développeurs sans frontières, DSF), analyse ici l’utilisation de convention d’affaires pour favoriser l’émergence et la pérennisation de projets autour d’une thématique particulière.
Les personnes en charge de l’appui à la création et au développement d’activités nouvelles sont souvent confrontées à un problème particulier : de nombreux porteurs d’idée et de projet de création d’activité (ou même simplement porteurs d’intention, sans même qu’une idée précise, ou véritablement réfléchie, soit formulée) ne passent pas à l’acte, ou utilisent un temps considérable à essayer d’identifier les bonnes ressources, puis à réussir à prendre un contact efficace avec elles.
Cette difficulté d’accès aux ressources touche particulièrement les publics en difficulté (ils ont moins de capital social, appartiennent à des réseaux souvent peu ouverts sur l’extérieur, ont un moindre niveau éducatif, moins de confiance dans leur capacité à créer,…), ainsi que les nouveaux thèmes d’activité, en devenir, tel l’ESS, pour lesquels les ressources disponibles sont, dans un premier temps au moins, rares et difficiles d’accès.
Il importe donc de favoriser l’inscription de ces divers porteurs dans un dispositif mobilisateur, structuré, permettant l’accès aux bonnes ressources et au bon moment.
La convention d’affaires classique, utilisée pour activer des relations commerciales, permet de réaliser pour chacun des participants à un événement, en amont de celui-ci, une analyse de ses besoins, puis une analyse analogue des offres disponibles, et enfin, un carnet de rendez-vous qualifiés entre chacun de ces demandeurs et les offres qui lui sont adéquates.
Ces caractéristiques semblaient a priori adaptées à la gestion du problème évoqué ci-dessus :
L’idée est donc née, dans les services de la Région Ile-de-France, de mettre ce modèle de la convention d’affaires au service de l’émergence de projets. Une première expérience a été réalisée en 2003 avec une bonne dose d’incertitude, compte tenu du caractère a priori mal connu, dans le grand public, des termes employés (« convention d’affaires », « économie sociale et solidaire »).
Or cette opération a immédiatement fonctionné (175 projets identifiés), puis elle a été renouvelée avec un succès croissant (250 projets identifiés en 2005), avant une accélération de son utilisation : encore un CréaRIF spécifique ESS en 2008, organisé par le Centre de ressources régional « L’atelier », puis un CréaRIF sur un nouveau thème, la création d’entreprises dans les quartiers relevant de la politiques de la ville, en 2008-2009.
Les premiers enseignements qui peuvent être tirées de cette expérience :
En tout état de cause, cette qualification d’outil ne réduit pas la nécessité, pour les professionnels, de ne pas se limiter à une approche purement instrumentale : les meilleurs des outils d’appui à la création d’activités, y compris ceux qui sont les plus éprouvés (micro- crédit, fonds de prêts d’honneur, couveuses,…), peuvent se révéler inefficaces si leurs conditions d’emploi, leurs méthodes d’appropriation territoriales sont méconnues.
Pour aller plus loin
Sur CréaRîF Quartiers 2009 :
Sur CréaRîF économie sociale et solidaire 2008 :
Sur CréaRîF économie sociale et solidaire 2006 :
Les sites internet :