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Auto-entrepreneur : ils sont contre…

La mise en œuvre du statut de l’autoentrepreneur a suscité pas mal d’intérêt et d’approbation, mais quelques voix discordantes se sont fait entendre. Parfois avec d’intéressants arguments. En voici quelques unes.

Laurent Samuel, dans le blog Association1901.fr, considère que le nouveau statut signe la « mort annoncée de la micro-entreprise associative » (14/11/2008).

Pour lui, « le statut d’auto-entrepreneur est un véritable paradis fiscal et social pour les entreprises dont le chiffre d’affaires reste inférieur à certaines limites. Il va devenir de plus en plus pénalisant de loger des activités lucratives dans une association loi 1901, si l’on veut optimiser le revenu retiré par l’entrepreneur. Pour moi, le modèle de la micro-entreprise associative a du plomb dans l’aile. »

Le député socialiste François Brottes, interrogé par Lepoint.fr (05/12/2008) estime que le statut d'auto-entrepreneur risque de devenir « le stade ultime de la précarisation. »

François Brottes, élu de l’Isère, s’inquiète qu’ilpermette de bénéficier d'un « régime particulièrement favorable sans limitation de durée » et voit « l'inconvénient de ne pas remplir un certain nombre de caisses dans le besoin » évoquant les assurances sociales. Pour l’adjoint au maire de Crolles (38) cela va « créer une concurrence déloyale par rapport à ceux qui ont un agrément, les qualifications requises et paient leurs charges normalement. Où est donc la garantie pour les clients lorsque ceux-ci vont avoir à faire à une génération spontanée de personnes qui vont se réclamer professionnels sans véritablement l'être ? Cela va créer plus d'insécurité pour le client. » Sans être opposé « à la recherche de solutions pour faciliter la création d'entreprise » il veut « que le statut ait une durée limitée. »

Surtout, François Brottes craint que le dispositif « permettra à une entreprise de demander à son salarié de renoncer à son contrat de travail et de devenir son propre patron. Comme, par ailleurs, le gouvernement a fait sauter la possibilité de pouvoir faire requalifier en salariat le lien de subordination entre un client et son unique fournisseur, on aura une logique d'externalisation du salariat ». Il y voit une « fausse liberté » obéissant à « une logique (…) qui consiste à vider le statut du salarié de sa substance. »

Autre point de vue critique, provenant cette fois d’uns site spécialisé, LesJeudis, qui analysait « Création d’entreprise et modes d’activités de l’entrepreneur : auto-entrepreneur, portage salarial et freelance » (01/12/2008). Il résume un point de vue sur les trois modes d’activité: « le portage salarial, simple, non risqué mais coûteux ; le freelance (expert indépendant), moins protecteur et plus complexe ; le statut d’auto-entrepreneur, extrêmement simple, mais plus risqué. »

Pour LesJeudis, « ce statut présente un avantage indéniable lié à sa simplicité. Mais (…) l’absence d’inscription au Registre du commerce et des sociétés ainsi que l’absence d’assujettissement à la TVA limitent nécessairement l’évolution d’une société, ne serait-ce que sur la question de la crédibilité à l’égard des concurrents. (…) Le gérant d’une entreprise individuelle est solidairement et indéfiniment responsable du passif social. »

Autre opinion, celle de Guilhem Bertholet, qui se présente comme un « monomaniaque de la création d’entreprise et de l’entrepreneuriat ! » publie également un plaidoyer (10/12/2008) : « Je suis contre l’auto-entrepreneur. »

Il s’inquiète du slogan entendu lors des journées de l’entrepreneur (17-23 novembre 2008) « tous entrepreneurs ! » et se demande « auraient-ils perdu la tête ? »

Il s’inquiète de ce que, l’entrepreneuriat étant devenu un sujet à la mode, « que c’est au dernier qui inventera son énormité qu’ira la palme d’or (…) Dépêchez-vous d’aller acheter http://www.nanoentrepreneur.com/, c’est encore libre et ça ne devrait pas tarder à sortir… »

Pour Guilhem Bertholet, « avec l’auto-entrepreneur, même les salariés (pire, les fonctionnaires) vont AUSSI pouvoir être entrepreneurs (en même temps que leur boulot planqué avec salaire à la fin du mois). On les voit déjà profiter des pauses café et de l’infrastructure de leur employeur pour faire des affaires. Merci la concurrence. Et je parle pas des séniors ! Bref, il faut stopper l’hémorragie ! Rejoignez le mouvement en clamant haut et fort votre désapprobation du nouveau statut d’auto-entrepreneur ! »

Guy Chambefort, député Ps de l'Allier s’adressait (8/08/2008) à Jean Pierre Raymond, président de la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment Allier-Moulins, remarquant que « le statut d’auto-entrepreneur crée une vive inquiétude dans le monde de l’artisanat. » Il dénonçait « l'illusion de l'entrepreneuriat facile » Pour lui, « en permettant à n'importe qui de faire n'importe quoi, ce statut remet en cause l'histoire des métiers. »

Il craint une « rupture de la confiance entre le client et l'artisan », se demandant « comment un client pourra t-il vérifier la compétence de celui qui effectue les travaux ? »

 François Brottes, député de l’Isère

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