L’Assemblée nationale a examiné, le 7 novembre 2007, le budget du travail et de l’emploi. Je reprends quelques extraits du débat disponible sur le site parlementaire. Je reprends dans cette deuxième chronique des interventions de parlementaires de l’opposition. Pour la députée de Haute Garonne, Monique Iborra (Ps),« le plan de cohésion sociale annoncé à grand renfort de publicité avant les élections se trouve revu à la baisse – État en faillite oblige : la baisse est d’environ 25 % pour les contrats aidés (…)
« Désengagement, absence de volontarisme politique, notamment en direction des publics en difficulté, caractérisent la mission « travail et emploi » de ce PLF. J’ose même parler de désinvolture, alliée à une méconnaissance du terrain, du ministre chargé de l’emploi : le non-respect des engagements de l’État et le non-respect des élus locaux trouvent toute leur mesure dans la décision prise par Mme Lagarde, sans aucune concertation, avec la brutalité qui caractérise ce gouvernement, de ne plus financer ni conventionner les maisons de l’emploi. Il est vrai que déjà, cette mesure phare du plan Borloo avait donné lieu à divers tâtonnements et reculs, mais on met aujourd’hui les élus et les partenaires de ces structures dans une situation extrêmement difficile : les travaux sont parfois en cours, budgétés, les maisons de l’emploi ayant été labellisées par le ministre en charge du dossier à l’époque, M. Borloo, sur proposition d’une commission de labellisation présidée par M. Anciaux – et à laquelle j’appartenais en tant que représentante de l’Association des régions de France.
« Plus grave encore, alors que selon vous la fusion entre l’Anpe et l’Assedic a pour premier objectif le service rendu aux demandeurs d’emploi, aucun financement n’est prévu pour les investissements nécessaires à l’installation d’un guichet unique dans les bassins d’emploi. Peut-être que là aussi, vous allez solliciter les collectivités locales ! »
Patrick Gille est conseiller municipal de Tours et député d’Indre-et-Loire (Parti socialiste). Il a été désigné à la mi-octobre par le groupe socialiste pour suivre le budget de l’emploi et du travail. Il revient sur son blog sur son point de vue. « J’ai organisé avec mes collègues socialistes des auditions d’organismes directement concernés par celui-ci : les syndicats de l’AFPA et de l’Anpe, les Maisons de l’emploi. Au fil des auditions, l’étude des documents budgétaires s’est affinée et les réalités de ce budget me sont apparues : le Gouvernement déconstruit les différents outils et dispositifs de la politique de l’emploi et prépare un marché de l’emploi à l’anglo-saxonne. »
Au cours du débat budgétaire à l’Assemblée nationale, il fait le point sur la réforme du service public de l’emploi : « force est de constater qu’une telle fusion aura nécessairement un coût, estimé à 300 ou 400 M€ et qu’il n’est pas budgété. Au contraire, il est prévu une baisse de 50 M€ de la subvention de l’Anpe et du financement des « maisons de l’emploi ». Elle entraîne le gel de la création des « maisons de l’emploi » (…) et semble donc annoncer l’arrêt de l’approche territoriale des problèmes d’emploi qui était en train de faire ses preuves. »
Patrick Gille, député d'Indre et Loire