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Confronté dans les années 90 à une explosion des coûts de l'aide sociale, Erich Pipa bourgmestre de Main Kinzig près de Francfort (SPD, social-démocrate) développe un concept du donnant-donnant. D'un côté, la commune s'engage à accompagner la personne dans sa recherche d'emploi, de l'autre côté, le sans-emploi doit faire preuve de coopération sous peine de sanctions. Une agence pour l'emploi locale (Aqa) se fixe comme objectif de réinsérer rapidement toutes les personnes dépendantes de l'aide sociale, mais en état de travailler. Le sans-emploi fait l'objet d'un entretien approfondi où ses capacités, son entourage, ses difficultés sont examinés. Dans un deuxième temps, il peut être envoyé en formation ou affecté à des petits boulots rémunérés 1,80 euro de l'heure et baptisés travaux d'intérêt général. Le suivi des chômeurs est individualisé : on rencontre son conseiller au moins une fois toutes les deux semaines. Mais, en décidant de réduire, voire de supprimer, l'aide sociale si les chômeurs rechignaient à coopérer, Erich Pipa provoque en 1996 la fureur des syndicats et de la plupart des partis politiques. Même son parti, le SPD, ne le soutient qu'à moitié. Pourtant, entre 1996 et 2004, le nombre Le concept d'Erich Pipa se distingue du projet gouvernemental fédéral (lois Hartz IV) sur un point important : Gerard Schröder place les agences pour l'emploi au coeur du dispositif alors qu'Erich Pipa a construit un système fondé sur l'autonomie de