Bernard Brunhes , vice-président du Groupe BPI (conseil en ressources humaines) et président de l’association France initiative, a publié dans le quotidien Le Monde (2/08/2007) une tribune libre dans laquelle il qualifie le projet de fusion entre l’Agence nationale pour l’emploi et les organismes d’assurance chômage de « mauvaise idée. »
Le spécialiste des politiques publiques se demande « comment se fait-il que le fonctionnement de notre marché du travail soit si médiocre ? Comment se fait-il que le service public de l'emploi, pourtant important et compétent, ne parvienne pas à remplir son office ? ». Pour lui, « on entend souvent critiquer l'ANPE. C'est une critique injuste (…) c'est l'ensemble du système administratif et des procédures qui est inadapté. »
Bernard Brunhes appelle que « lors de la campagne électorale, M. Sarkozy a repris l'idée d'une fusion Anpe-Unedic ». Mais il considère que « mission impossible parce que l'Anpe est une administration de l'Etat alors que les Assedic, et l'Unedic qui les fédère, sont des structures privées gérées par les partenaires sociaux. Faut-il privatiser l'Anpe (une première dans le monde) ou nationaliser l'Unedic (de quoi mettre le feu aux poudres du dialogue social) ? » Il suggère que le résultat serait aléatoire parce que le couple Anpe-Unedic ne représente qu'une partie du service public de l'emploi, qui inclut les directions départementales et régionales du ministère du travail, l'APEC, l'AFPA, les missions locales, les Maisons de l'emploi, les sous-préfectures, les diverses administrations impliquées dans les restructurations, l'éducation nationale.
Pour lui, « au lieu de rechercher des fusions et réorganisations qui ne pourraient être que partielles et source de conflits, une approche plus efficace [serait de] créer auprès de chaque préfet de région une "mission régionale de l'emploi" (MRE), dirigée par un fonctionnaire ayant rang de préfet. »
La vision générale de Bernard Brunhes est celle d’un « État organisé de façon efficace au niveau régional et une performance accrue grâce à la délégation de service public. »