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Sainte-Thérèse (Québec) : Une loi privée pour pouvoir construire une maison de l’emploi et du développement humain

Sainte-Thérèse, une ville de 25.000 habitants de la région des Laurentides, au Québec (Canada) a mis en place en 2002 une maison de l’emploi et du développement humain.

Le projet avait été lancé en février 2000 par le conseil municipal. Pour cela, Sainte-Thérèse a dû faire voter une loi provinciale particulière, dite loi privée, car les services en matière d’emploi et de main-d’œuvre constituent un domaine qui échappe normalement aux compétences des villes.

C’est le 15 juin 2000 que le parlement québecois a discuté du projet. Le maire, Élie Fallu voulait loger tous les services d'aide et d'assistance à l'emploi, faire en sorte que deux services gouvernementaux soient intégrés. L’élu de Sainte-Thérèse relevait devant une commission du parlement que « quand on n'a pas de ressources minières, forestières, pêcheries ou autres, on a une seule ressource, ce sont les ressources humaines ». Répondant à une question sur la possibilité qu’il y aurait eu de laisser ce rôle à des entreprises privées, voici sa réponse : « Est-ce qu'il y aurait eu cette cohérence? Il y a là un effort public qu'il faut faire. Habituellement, les municipalités sont (…) très réticentes à de telles ouvertures. C'est déjà, en quelque sorte, annoncer ce que devrait être une décentralisation administrative. »

L’inspirateur de la maison de l'emploi a été Guy Earl directeur du Centre local d’emploi de Sainte-Thérèse, qui dépend de l’agence Emploi-Québec.

En 1999, il a rencontré les principaux acteurs afin de les persuader de réunir leurs centres de services dans un même lieu. Cette initiative a constitué une première au Québec. Pour Guy Earl, il s’agissait aussi de rentabiliser l’utilisation des espaces et de en vue d’éliminer les dédoublements. 

La Maison de l’emploi et du développement humain a été inaugurée en 2002. On y trouve le Centre local d’emploi, le Centre des ressources humaines Canada et plusieurs organismes communautaires comme le Centre d’intervention des Basses-Laurentides pour l’emploi, le Carrefour Jeunesse Emploi, la Porte de l’emploi, Intégration Travail Laurentides et bien d’autres. S’y trouvent également une garderie et le Café de la Maison. 195 employés s’y trouvent, provenant des fonctions publiques provinciale, fédérale et du milieu associatif. 

Un poste de réception commun est administré par un organisme communautaire créant ainsi un emploi pour une personne éprouvant des difficultés à trouver un travail. La Maison de l’emploi accueille chaque semaine entre 1 000 et 1 500 personnes et de nombreux employeurs viennent régulièrement y faire du recrutement de main-d’œuvre. 

Selon le bulletin VisionAction, (avril 2006) Guy Earl a joué un rôle capital et été « gestionnaire innovateur et visionnaire ». Pour le bulletin, édité par l’association des cadres du gouvernement du Québec, ce qu’a accompli Guy Earl « témoigne significativement de la capacité de la fonction publique d’être un catalyseur en mettant à profit les ressources dont elle dispose pour les retourner à la population. »

 

Sur le Québec, voir également : Babillard à la Maison de l'emploi (29/08/2005).

 Guy Earl

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