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Prestations pour les demandeurs d’emploi : évaluer la relation entre l’accompagnant et l’accompagné

Jean-Marie Bergère , directeur général de Développement et emploi, publie dans le numéro de mars de Métis, correspondances européennes du travail, un article intitulé « Privatisation du chômeur à potentiel… de longue durée » dans lequel il analyse la situation après la délégation au secteur privé de l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

La convention du 5 mai 2006 permet à l'Unedic de conventionner des organismes privés « pour le placement des allocataires de l'assurance-chômage rencontrant des difficultés particulières de reclassement ». L'Unedic a lancé le 15 juillet 2006 un appel d'offres européen pour l'accompagnement de 46 000 demandeurs d'emploi par an sur deux ans. 17 prestataires ont été retenus pour effectuer quatre types d'accompagnement : renforcé, pour 41 000 demandeurs d'emploi (Altedia, BPI, Ingeus, Adecco, Sodie, Vedior Bis, Creyf's Intérim, Intra Conseils, A4E, Eurydice, C3Consultants) ; intensif, pour 1 000 autres (Altedia) ; spécifique, d'une part pour 1 500 cadres seniors (APEC), d'autre part pour 2 500 repreneurs et créateurs d'entreprise (Sodie, Altedia, Adecco, BPI, CCI de Bordeaux et Toulouse, Adie, Boutique de gestion , JBL Consultants).

L’Association pour le droit à l’initiative économique a été retenue pour les demandeurs d’emploi de Picardie et la Boutique de gestion PaRIF pour ceux d’Île de France. 

Voici l’article de Jean-Marie Bergère  : 

« 46 000 demandeurs d’emploi vont bénéficier d’un accompagnement renforcé, intensif et personnalisé. Allocataires de l’assurance chômage, présélectionnés par l’Anpe sur des critères de « distance par rapport à l’emploi », ils présentent un profil les prédisposant statistiquement à devenir des chômeurs de longue durée. Ils devront être volontaires et s’engager à apporter toute leur coopération aux démarches qui leur seront proposées. Un accompagnement spécifique est destiné à des cadres seniors et à des créateurs ou repreneurs d’entreprises. Dix sept opérateurs privés ont été retenus par l’Unédic pour prendre en charge ces chômeurs dans des bassins d’emploi différents. Plus de 140 spécialistes du reclassement professionnel avaient répondu à l’appel d’offre. Ceux qui ont été retenus sont de tailles très diverses. Ils sont d’envergure locale, nationale ou européenne. Ils ont accepté d’être rémunérés très largement par une part variable en fonction des résultats : embauche et maintien dans l’emploi six mois plus tard. 

« Le sujet est controversé. Le recours à des entreprises privées est-il une mise en cause du travail accompli par l’Anpe, au moment même où les maisons de l’emploi sont censées rationaliser le service public de l’emploi ? Rappelons simplement que, sur une même période d’un an, l’Anpe accompagne 3,5 millions de demandeurs d’emploi et que les Assédic indemnisent pour des périodes plus ou moins longues 4,5 millions de personnes. Nous sommes donc loin d’une « privatisation » massive, mais le sujet, où se mêlent jugements sur l’efficacité et débats sur les principes est particulièrement sensible. Une polémique s’est engagée ensuite à propos de l’expérimentation menée en 2005/2006. Elle a concerné un peu plus de 6000 personnes et il n’a pas été possible de se mettre d’accord sur un bilan de cette action. La leçon semble comprise et une démarche outillée d’évaluation devrait démarrer dès le lancement de cette nouvelle phase, en accord avec les partenaires du service public de l’emploi. Cette évaluation sera complexe. Elle doit porter sur les critères de sélection (le « profilage »), les raisons du volontariat, la méthode employée par les différents opérateurs, les résultats obtenus à court, mais aussi à moyen terme. Elle doit bien sûr donner toute leur place aux chiffres. Elle doit également pouvoir rendre compte de la qualité de la relation établie entre l’accompagnant et l’accompagné. De cette qualité dépend la possibilité du reclassement professionnel, mais aussi la possibilité d’une expérience vécue valant reconnaissance de chacun dans sa singularité, et lui permettant de se construire et de s’armer tout au long d’un processus où les situations objectives et les subjectivités, le professionnel et le personnel, souvent se mêlent, s’épaulent, se transforment, se sécurisent. Rendez-vous dans un an pour les résultats. Et si en attendant on regardait comment font d’autres pays en Europe ? »

 Jean-Marie Bergère, directeur général de Développement et emploi

 

 

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