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L’Association des Centraliens, qui regroupe les anciens élèves
Le commerce équitable et la microfinance se retrouvent dans leurs principes d’action : ciblage de ménages pauvres ou exclus des systèmes classiques (bancaires ou commerciaux) ; volonté de mettre en place des structures pérennes (viabilité financière des institutions de microfinance; recherches de débouchés stables et rentables, optimisation des filières de commercialisation pour le commerce équitable, etc.) ; cette recherche d’efficacité, et l’objectif de changement d’échelle doit s’accompagner d’une vigilance et d’efforts constants pour renforcer l’impact social sur les ménages bénéficiaires (principes du commerce équitable et labellisation, réflexion sur l’évaluation des performances sociales dans la microfinance).
Dans quel but développer cette complémentarité ?
- pour favoriser le développement de la microfinance en milieu rural et toucher davantage le secteur agricole, ce en utilisant les structures existantes du commerce équitable (coopératives, organisations paysannes…) ;
- pour répondre aux problèmes de financement auxquels les coopératives de commerce équitable doivent faire face ;
- pour répondre aux besoins des petits producteurs qui souvent aux recours à des intermédiaires financiers pour des crédits de campagne.
Problèmes de financement du commerce équitable :
- rationnement et coût trop élevé du crédit offert aux coopératives et aux producteurs ;
- faible diversification des ressources de financement.
Besoins de financement à 2 niveaux :
- niveau du producteur : il doit financer les intrants, le matériel, la main d’œuvre pour la récolte… Sans microcredit, le producteur doit se financer auprès d’un intermédiaire (sans aucune formalité administrative) qui risque de récupérer la récolte et la vendra à un prix moindre sur le marché conventionnel. L’avenir du commerce équitable passe par le développement
- niveau de la coopérative : elle doit financer son BFR (besoin en fond de roulement) composé des coûts de transport, de stockage, de conditionnement… Ce préfinancement doit également permettre à la coopérative d’acheter la récolte à ses membres, sinon ce sont les intermédiaires qui la leur achèteront.
Eléments de discussion au cours de la table ronde :
- Les organisations paysannes du Sud mènent déjà cette réflexion sur la complémentarité avec
- Le besoin en financement des coopératives se chiffre en dizaine de milliers d’euros et échappe donc à la microfinance traditionnelle. Toutefois, les plus grosses IMF, disposant des liquidités suffisantes, pourraient répondre à cette demande et bénéficieraient de la sorte de gros clients, assurés de leur vente grâce aux commandes du commerce équitable, et moins risqués que les filières classiques ;
- Il faut veiller aux problèmes de gouvernance pour les caisses de prêt au sein des coopératives agricoles : le spécialiste agricole qui conseille le producteur sur sa récolte ne peut pas jouer le rôle
- Si le commerce équitable est efficace au niveau local, en permettant la survie d’un million de producteurs, peut-on transposer le principe à un niveau plus global, en touchant le milliard de petits producteurs à travers le monde ?
Ne risque-t-on pas de les figer alors dans leur situation actuelle de petits producteurs, sans leur laisser
- Le commerce équitable ne sera pas plus cher que le commerce conventionnel si les volumes continuent à augmenter. Même si les importateurs paient la matière première 91% plus chère, il y a moins d’intermédiaires jusqu’au consommateur qui ne paie le produit que 7% plus cher aujourd’hui. Le principe du commerce équitable permet également une fidélisation du consommateur et de très grosses économies sur la publicité (par rapport au commerce conventionnel). Si le commerce équitable n’est pas plus cher, il ne contredit pas les lois du marché et ne bloque pas des fonds qui pourraient être attribués à d’autres programmes de développement (en raisonnant à l’échelle mondiale, dans l’hypothèse où le commerce équitable toucherait des milliards d’agriculteurs)