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L’école Centrale s’interroge sur la microfinance (1)

L’Association des Centraliens, qui regroupe les anciens élèves de l’école centrale d’ingénieurs de Paris, a mis en place une structure humanitaire Centrale-au-Cœur, pour parrainer certains projets qu’elle considère comme novateurs. 

L'Association a organisé le 21 septembre 2006 à Paris une conférence sur la complémentarité de la microfinance et du commerce équitable. Parmi les intervenants, on comptait Jacques Attali (PlaNet Finance, ONG internationale de microfinance) Tristan Lecomte (PDG Alter Eco, entreprise importatrice de commerce équitable), Pascale Geslain (PlaNet Finance), Cécile Lapenu (CERISE, comité d’échange, réflexion et d’information sur les systèmes d’épargne crédit), Clément Chauvet (Agrofine): L’animateur était Olivier Lecomte (professeur d’économie à l’Ecole Centrale). 

Dans cet article, nous reprenons les principaux points du contenu concernant la microfinance et dans un article prochain, nous complèterons avec le commerce équitable. 

La microfinance englobe tous les produits financiers - le microcredit, l’épargne, la microassurance… - à destination des populations pauvres exclues du système bancaire formel. Le microcrédit est né sous sa forme moderne en 1976 au Bangladesh, par l’intermédiaire de la Grameen Bank fondée par M. Yunus. 2005 était nommée année internationale du microcrédit par l’ONU, et on estime approximativement à 100 millions le nombre de microentrepreneurs membres d’institutions de microfinance (ce chiffre correspond plutôt à un objectif, en réalité, ils seraient moins nombreux : 60-70 M). 

Le montant moyen des prêts est proche de 300€, l’échéance du remboursement étant le plus souvent inférieur à 1 an. Le microcrédit connaît de très bons taux de remboursement, s’articulant sur des principes de solidarité, de participation, de proximité. L’objectif de la microfinance est de changer d’échelle, pour toucher une part encore massive de la population exclue des systèmes classiques. Certains objectifs de croissance ont été chiffrés à 300 millions de bénéficiaires en 3 ans. En tout état de cause, cette croissance passe par une institutionnalisation et une professionnalisation du secteur, en veillant toutefois à ce que les institutions de microfinance(institutions de microfinance) gardent l’impact social comme une priorité, au même titre que la viabilité financière (aujourd’hui, on peut estimer que seules 100 institutions de microfinancesur 10.000 sont rentables). 

La professionnalisation et le renforcement des institutions de microfinancepasse également par une prise de conscience des limites de la microfinance. Ce n’est pas un outil universel de lutte contre la pauvreté. Ainsi , les études d’impact montrent que le microcredit ne s’adresse pas aux plus pauvres des pauvres : les bénéficiaires doivent avoir une certaine capacité d’entreprenariat et bénéficier de certaines infrastructures pour développer leur activité. On note que 30-40% des bénéficiaires sont des commerçants, 30% des artisans. La microfinance reste peu développée au sein du milieu agricole rural (à cause des coûts et des risques plus élevés), là où se trouve pourtant 80% de la pauvreté mondiale… L’alliance avec le commerce équitable qui touche le milieu rural et permet d’assurer des revenus plus stables et plus importants peut ainsi favoriser l’octroi de services financiers au secteur agricole. 

Pour Jacques Attali, les outils économiques solidaires et alternatifs, notamment la microfinance et le commerce équitable, devront se développer au XXIeme siècle afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités. Pour passer à une autre échelle, ces institutions devront se professionnaliser, et être gérées comme des entreprises, mais sans recherche du profit maximal. Il faut veiller également à ce que les populations défavorisées ne soient pas « utilisées » par des entreprises à des fins marketing, d’où l’importance des labels.

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