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Auto-entrepreneurs séduits ou méfiants

Dans un dossier publié sur son site internet, Le quotidien Le Monde (lemonde.fr , 15/05/2009) publie des témoignages sur « le statut d'auto-entrepreneur, entre séduction et méfiance. »

Il classe les intervenants en « pour » et « contre », même si les remarques sont parfois plus balancées. Je reprends ci-dessous des extraits de certains de ces témoignages, déposés sur le forum lemonde.fr, et donc signés de noms invérifiables.

Laurent Laget est favorable au statut, qui permet d’exercer « en toute légalité un métier tel que la traduction, il fallait passer par une société de portage ou être inscrit à l'Urssaf, deux solutions lourdes en charges et en démarches (surtout pour de jeunes diplômés) ». Il déplore cependant que « dans le domaine de la traduction, l'auto-entreprise amène une forme de concurrence déloyale vis-à-vis des traducteurs libéraux inscrits à l'Urssaf, qui payent de lourdes charges sur leurs revenus (environ 50 %) quand un traducteur auto-entrepreneur ne paye que 20,5 %. »

Greg B., photographe, âgé de 28 ans, a connu bon nombre de périodes de chômage. Depuis ses études, il avait pensé à s'installer en indépendant, mais les charges élevées et l'obligation de s'inscrire au registre du commerce finissaient toujours par le faire reculer et choisir des emplois précaires dans son domaine d'activité. Avec ce nouveau statut, une part de ses craintes ont disparu.

Philippe Verdin parle de son épouse, exerçant dans une petite entreprise de restauration familiale au bénéfice d'une association. Elle pourra grâce à ce système exercer son travail dans des « conditions extraordinaires : pas de problèmes concernant la TVA, les charges sociales, les impôts... une extrême simplification administrative ! » Il envisage lui-même de faire pareil lors de sa retraite.

Un électeur de gauche considère pour sa part que « l'idée du PS de limiter à deux ans n'est malheureusement pas très inspirée ».

Amélie est diplômée d'architecture depuis le mois de juin, mais ne trouve pas d'emploi. Elle entend parler de ce statut, se renseigne et se lance : « C'est simple, rapide, et accessible. Depuis, j'ai pu enchaîner des missions, je travaille donc au dossier pour des cabinets. J'ai de nouveaux contacts intéressés depuis que j'ai adhéré à ce statut ». Elle voit un seul problème : « tout le monde peut adhérer à ce statut, mais aucun justificatif de diplôme, de compétences n'est exigé. Tout le monde peut prétendre à tous les métiers du monde ? »

Du côté des « contre », il y a Mario Sindhoub, jeune enseignant-chercheur, souhaitait exercer une activité de conseil scientifique, sans supporter les contraintes du statut de travailleur indépendant. Mais il parle d’« arnaque administrative » : « certaines caisses (retraite, maladie) ont commencé à me demander des cotisations, car ayant dû m'inscrire à l'Urssaf, elles n'ont pas attendu de me voir déclarer ou non un chiffre d'affaires ! Résultat des courses : je compte parmi les 150 000 "élus", et ça m'a déjà coûté plus de 1 000 euros, sans avoir encore exercé ! »

Gata Negra pense que « c'est le salariat et les acquis sociaux que au nom d'une liberté d'entreprendre qui n'est que virtuelle. »

De son côté, Profession libérale parle d’une idée séduisante mais y voit un statut qui détruit son propre emploi de conseil et de formation dans les collectivités locales : « les retraités du papy-boom bonifient leur retraite en s'improvisant consultants ou formateur. Pour eux, pas de contrainte d'existence, ni de rétribution ; le statut d'auto-entrepreneur n'est dans tous les cas qu'un bonus. Sans activité, ils perçoivent toujours leur retraite. Avant que le marché n'ait épuré ces opportunistes, le mal aura été fait. »

Enfin, WeezzZ estime que le statut d'auto-entrepreneur ne comporte que des inconvénients. Il est en entreprise individuelle, et ne comprend pas comment des gens peuvent lui faire de la concurrence à hauteur de charges de 21 % alors que lui-même en est presque à 50 % ! Il craint que le statut provoque « hausse massive de la précarité. »

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O
En tremplin, ON pense que c'est une bonne solution de commencer par ce statut.En mode de vie, ON pense que c'est une bombe à pauvretéEn attendant, ON fait quoi ?
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