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Journée nationale des maisons de l'emploi (1) : pour l’Unédic, il faut choisir entre les employeurs et les associations de chômeurs

Devant plus de 450 personnes, le ministre de l’emploi, Gérard Larcher, avait inauguré la Journée nationale des maisons de l'emploi, organisée à la Maison de la Chimie, à Paris, mardi 20 juin 2006, par un appel lyrique : « brisez, bousculez, renversez les cloisons ». Nous commençons ici une suite d’articles qui rendent compte des échanges, animés et riches que nous avons regroupé de manière arbitraire par thématique, plutôt que dans l’ordre des tables rondes.

Nous commencerons donc par les discussions autour du rôle de l’Assédic et des revendications statutaires qui perturbent l’avancement de plusieurs projets.

Philippe Maitreau, président de la maison de l'emploi du pays de Mulhouse (Alsace) et adjoint (PS) au maire de la ville a surenchéri, soulignant que construire une maison de l'emploi, c’est d’abord détruire des murs. Il proposait donc « d’arrêter d’avoir peur : de l’Assédic, de l’Anpe… »

Mais très vite, on entrait dans le cœur d’un débat vif. Michelle Moreau , adjointe au maire (PS) d’Angers (Pays de la Loire) racontait comment, la communauté d’agglomération Angers Loire Métropole et 80 de ses partenaires s’étaient mobilisés pour monter un dossier et obtenir la labellisation, jusqu’à ce que l’Assédic crie « halte là ! ». Elle y voit une méfiance de l’organisme paritaire vis-à-vis des élus.

Jean-Pierre Revoil, directeur général de l’Unédic, expliquait que la différence est surtout historique. L’histoire du régime d’assurance chômage est nationale, et il y a peu d’ancrage local. Les Assédic ont peu d’intérêt à une convergence physique. Cependant, Jean-Pierre Revoil souligne que la position de son organisation évolue. Suite à un groupe de travail piloté par le ministère de la cohésion sociale, le bureau de l ’Unédic a assoupli, le 24 mai, sa position sur les statuts-types qu’il revendiquait partout. Il a par contre relevé qu’il y avait encore un sujet de désaccord, au sujet de la garantie de moyens financiers des maisons de l'emploi.

La nature du blocage sur les questions statutaires est apparue très clairement lorsque un responsable de la maison de l'emploi du Mans (Pays de la Loire) a souligné les difficultés rencontrées, dans sa ville, pour appliquer la convention signée entre le ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement et le Mouvement national des chômeurs et précaires (Mncp). Ladite convention prévoit, comme nous l’avons évoqué dans ce blog, que des maisons des chômeurs puissent intégrer les maisons de l'emploi. Jean-Pierre Revoil a apporté une fin de non recevoir. Pour lui, les syndicats représentent les salariés ayant ou non un emploi. Il a conclu en assurant qu’on « a besoin des employeurs plus que des associations de chômeurs ».

Denis Cavillon, directeur de l’Assédic des pays de Flandres (Nord Pas de Calais) a remarqué que son Assédic s’était engagée déjà dans 13 projets de maisons de l'emploi , dont 10 avaient déjà adoptés leurs statuts. Pour lui, il faut avoir une démarche client. Les demandeurs d’emploi veulent une accessibilité à distance, par téléphone ou Internet. Le contact physique est très rare, et donc moins important.

Jean-Louis Borloo a conclu la journée en anticipant une crise de recrutement. Il a rappelé qu’il rêvait d’une maison de l'emploi ressemblant à une très grande médiathèque, dans laquelle on pourrait choisir ou changer son métier. Le ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement a demandé qu’on accepte l’idée qu’une maison de l'emploi, ce n’était pas la juxtaposition de « 7 légitimités », mais qu’il fallait, tout en respectant le cœur de métier de chacun , qu’on abandonne ses casquettes pour s’intégrer dans une vraie maison de l'emploi et des ressources humaines.

 Michelle Moreau, maire-adjointe d'Angers

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