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Contrats d'autonomie : peu de résultats malgré la sélectivité

Mardi 3 mars 2009, le ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi a accueilli la seconde réunion nationale sur les contrats d'autonomie lancés dans le cadre du plan « Espoir banlieues ». Selon la Lettre d’information bimensuelle de la Délégation interministérielle à la ville (DIV), du 5 mars 2009, les résultats nationaux au 22 février sont les suivants : 4 870 contrats signés dont 3 083 en 2008. Plus de la moitié sont de niveau inférieur à V, c'est-à-dire qu’ils n’ont ni BEP, ni CAP. La part des jeunes entrés volontairement dans le dispositif sans prescription du Service public de l'emploi (SPE) augmenterait sensiblement en 2009. La réunion « a surtout été l'occasion d'aborder les modalités techniques de mise en œuvre du dispositif » qui semble avoir du mal à se concrétiser sur le terrain.

Dans le département du Nord, où certains des premiers contrats ont été signés il y a six mois, le bilan est qualifié de « mitigé » par le quotidien La Voix du Nord (5/03/2009).

Ingeus, la société privée chargée du contrat, a signé 167 ont été signés. Neuf ont débouché, à Lille, sur une « sortie positive » (CDD de six mois au moins ou formations qualifiantes). Concrètement, ce sont pour l'instant des contrats de professionnalisation dans la restauration, le bâtiment, des PME ou des grandes entreprises. Le quotidien régional pointe une des difficultés du programme. Pour Émilie Daurian, conseillère d’Ingeus, le fait d’être payé à l'objectif, fait qu’on ne signe pas comme ça un contrat : « Deux entretiens permettent de comprendre où le jeune en est. S'il n'a aucune idée du métier qu'il veut faire, on ne le prend pas, nos contrats sont sur six mois, ça passe vite, il n'y a pas de temps à perdre. »

Thomas Fray, responsable pour Ingeus du plan espoir banlieues dans le Nord, estime dans le quotidien Nord Eclair (03/03/2009) « en comparaison des autres opérateurs, on n'est pas si en retard que ça. »

Marie-Dominique Lacoste, directrice de la mission locale et de la maison de l'emploi de Lille, assure que, malgré les regrets, la mission locale joue le jeu et accueille des réunions collectives d'information Ingeus dans ses antennes. « Mais, on nous avait annoncé qu'ils feraient des merveilles, ce n'est pas le cas. Je ne leur jette pas la pierre, mais 85 % des jeunes qui se présentent chez eux, c'est la mission locale qui les leur envoie ». La mission locale de Lille assure avoir réalisé en 2008, 79 contrats d'apprentissage et 120 contrats de professionnalisation. «Avec plus de moyens, ils ne font pas mieux que nous. La réalité, c'est un immense écart entre les attentes des entreprises et les jeunes » (La Voix du Nord, 5/03/2009).

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