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On a remarqué la présence étonnante de l’association Égée dans les listes d’opérateurs de la Nouvelle aide à la création d’entreprise (Nacre) dans plusieurs régions, notamment en Bretagne et en Provence Alpes Côte d’Azur.
Composée de bénévoles, l’association Entente des générations pour l’emploi et l’entreprise assure en regrouper 2 314 au niveau national (chiffre de 2007). Égée affiche dans sa présentation qu’une « déontologie stricte est mise en œuvre : le conseiller Égée est bénévole et il n’intervient que dans les structures qui n’ont pas la possibilité d’avoir recours au secteur marchand ou dans des domaines qui ne sont pas traités par ce secteur ». Il est donc surprenant de voir l’association se placer ainsi sur le champ économique concurrentiel qu’est celui des prestations pour la nouvelle aide à la création d’entreprise.
On s’interroge également sur la logique des Directions régionales du travail, de l’emploi et de la formation permanente et des directions régionales de la Caisse des dépôts et consignations qui ont pris ces décisions.
Le cahier des charges de la nouvelle aide à la création d’entreprise précise en effet un objectif de professionnalisme : « l’objectif du dispositif est de permettre la création/reprise d’entreprise comme accès ou comme retour à l’emploi en organisant une offre de services d’accompagnement sur tout le parcours du porteur de projet, et selon ses besoins ; cette offre de services doit être coordonnée, simple d’accès, professionnalisée et de qualité sur tout le territoire national et permettre l’accès des entreprises créées ou reprises à une relation bancaire de qualité (compte et services professionnels, prêt). »
Il met également en avant des seuils en terme de moyens humains : « l’opérateur d’accompagnement doit disposer d’au moins 2 salariés (non bénévoles) avec au minimum 2 équivalent temps plein (ETP) pouvant être éventuellement répartis sur plusieurs temps partiels et comprenant forcément un temps de direction et de management. »
Le document de référence exige aussi des moyens matériels des opérateurs, notamment une « capacité minimale d’accueil physique des porteurs de projet » qui doit être « d’au moins une demi-journée par jour ouvré ». Les lieux doivent comprendre des « espaces clos garantissant la confidentialité des échanges » et des locaux suffisants pour accueillir les porteurs de projets, en entretien individuel et en groupe. Par ailleurs, « un accueil téléphonique doit être proposé cinq jours par semaine aux horaires de bureau habituels. »
Ces dispositions ont souvent servi à écarter les candidatures de cabinets d’experts comptables trop petits. Mais on est surpris de voir qu’elles ne concernent pas des réseaux composés – sauf erreur de ma part – exclusivement de bénévoles.
Égée comptait en 2007 trois salariés au siège national à Paris, chargés de tâches administratives et comptables.
En Île de France, ou l’association Égée a vu sa demande rejetée, un conseiller, Jacques Picard, m’écrit : « il me semble que l’implication des délégations des départements 75 93 et 95 est significatif et nos actions ont apportées un support important dans le développement économique de ces départements.
« La labellisation nous a été refusée au prétexte que nos moyens humains ont été jugés insuffisants.
« Nous sommes d’autant plus dubitatifs, que nous sommes actuellement approchées par des structures labellisées qui précisément n’ayant pas les moyens humains suffisants nous demandent de leur apporter nos moyens pour répondre aux cahiers des charges des conventions qui leur seraient affectées. »
Sur le lien entre salariés et bénévoles dans l’appui à la création d’entreprise, on lira avec profit l’entretien avec Alain Bertrand, un des responsables d’Égée dans le Val de Marne, réalisé en 2005 par Synergies créateurs.