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Théophraste Renaudot, précurseur éclectique

Si Théophraste Renaudot est aujourd’hui un nom encore célèbre, c’est surtout parce qu’on voit en lui le précurseur de la presse française et que son nom a été utilisé pour baptiser un prestigieux prix littéraire. Mais l’homme était, d’abord, un médecin charitable, à une époque où les deux termes n’étaient pas facilement accolés, et il dut d’ailleurs lutter contre les responsables officiels de la faculté de Paris pour défendre ses idées hygiénistes.

On l’a également souvent oublié, mais Théophraste Renaudot fut le créateur du premier service public de l’emploi, d’une institution de crédit populaire et un haut responsable administratif en charge de la lutte contre la pauvreté – longtemps avant la fonction actuellement occupée par Martin Hirsch dans le gouvernement français.

Né à Loudun en 1586, protestant converti au catholicisme, médecin du roi, il entre au conseil du cardinal de Richelieu en 1624 et en devient très vite le chef.

Renaudot rédige en 1610 Sur la condition des pauvres du royaume, traité dans lequel il propose du travail pour tous et souhaite que les pauvres valides soient employés à l’entretien des rues. Il devient « médecin ordinaire » du roi Louis XIII en 1612, et « commissaire général des pauvres du royaume » en 1618.

Il crée à Paris en 1629 un Bureau d’adresses, qui est à la fois un centre de placement, un espace d’information, un lieu de diffusion de la culture et un cercle de réflexion. C’est la première forme d’un service public de l’emploi en France et, par certains côtés, une maison de l’emploi avant l’heure. Nous reviendrons, dans un prochain article, sur l’histoire de ce site.

Renaudot fonde également, le Mont-de-piété, reprenant un concept italien, qui permet aux personnes dans le besoin d’obtenir un prêt en laissant un objet en gage. L’objectif est de diminuer la pratique de l’usure. Nous évoquerons également son action dans ce domaine dans un prochain article.

La mort de Richelieu en décembre 1642 puis celle de Louis XIII en mai 1643 affaiblissent les positions de Renaudot. En mars 1644, le Parlement lui enlève à tous ses titres, monopoles et privilèges. Le Bureau d’adresses ferme deux ans plus tard. Il continue cependant la publication de sa Gazette et exerce la fonction d’historiographe du roi. Théophraste Renaudot meurt en 1653.

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J
Théophraste Renaudot est, selon les données disponibles, natif de Paris vers 1584. Ses parents seraient arrivés à Loudun vers 1590 à cause des troubles à Paris à cette période. Nombre de familles protestantes se réfugiant en effet dans des villes où ils avaient des liens (famille maternelle, les Fourneau à Loudun, cité de la Généralité de Touraine jusqu'à 1790). Ainsi, son père et son frère, baptisé en 1591, sont signalés après 1589 à Loudun (archives). Des hebdomadaires existaient en Europe, dès 1611 au Pays-Bas, et Richelieu, qui en avait connaissance, lui a confié la gérance de l'hebdo La Gazette de Paris éditée ainsi à partir de 1632 (Ile de la Cité). Sources non démenties à ce jour: Théophraste Renaudot natif de Paris ? voir bulletin AGCF N° 46, pages 5 à 18, ISSN 1267-7957, section périodiques, BNF Paris. Infos: agcf.acadie-quebec@orange.fr
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D
Un élément de bibliographie pour approfondir le sujet : "Théophraste Renaudot : un homme d'influence au temps de Louis XIII et de la Fronde" de Christian Bailly (fondateur du Musée de la Presse française, était en 1987, date de parution du livre, chargé de cours à l'Institut des Hautes Etudes de l'Information et de la Communication à la Sorbonne). Editions Le Pré aux Clercs, 135 p. Excellent petit livre...
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