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Bertrand Schwartz : on peut former en riant, et rire en formant

Le Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (GREP) organisait, lundi 6 mars 2006, une soirée d’hommage Bernard Schwartz à la Maison de l’Europe à Paris. C’était l’occasion de présenter trois productions nouvelles, mais aussi de dialoguer avec le professeur.

Soulignant que si on ne le suit pas toujours, c’est souvent parce qu’on le comprend trop bien, Bertrand Schwartz a souligné qu’il avait tenté de transformer une utopie en réalité. Homme d’expérimentation, il comprenait l’importance de dépasser l’action pour formuler la théorie, à condition de mieux revenir sur le terrain ensuite.

Rappelant qu’on apprenait à tout âge, il a dit s’être rendu compte récemment qu’il fallait non seulement écouter, mais « voir les paroles ».

Bertrand Schwartz est l’un des plus grands spécialistes de la formation professionnelle continue. Le rapport sur l’insertion professionnelle et sociale des jeunes qu’il a remis à Pierre Mauroy, premier ministre (PS) en 1981 a été le point de départ de nombre d’initiatives, et notamment des missions locales pour l’emploi des jeunes.

D’abord professeur puis Directeur de l’école des mines de Nancy, Bertrand Schwartz y travaille à la reconversion de mineurs de fer et de charbon menacés de perdre leur emploi. Il développe l’idée qu’il faut privilégier le savoir-faire afin d’apporter le savoir. « Pour permettre à ces ouvriers de se former », dit-il, « il faut transformer le vécu en une expérience puis transformer l’expérience en un savoir-faire et transformer le savoir-faire en des savoirs qui vont donner de l’autonomie ».

De 1960 à 1972, Bertrand Schwartz dirigera le Centre universitaire de coopération économique et sociale de Nancy puis créera l’Institut national de formation des adultes toujours dans la capitale lorraine.

En 1981, il est chargé par de rédiger un rapport sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté. Il travaillera ensuite sur les nouvelles qualifications puis sur les emplois-jeunes, avant de présider l’association Moderniser sans exclure. À 87 ans, il reste encore d’une activité considérable. Il s’est donc remis à écouter, penser et écrire en acceptant de dialoguer avec ceux qui veulent rassembler son œuvre pour la poursuivre.

Son influence est sensible en Italie ou aux États-Unis, mais elle est immense dans le monde francophone. C’est l’université de Genève qui parraine un cédérom et un DVD regroupant de nombreux documents. En Belgique, les missions régionales et maisons de l'emploi s’inspirent largement de ses travaux. C’est le cas aussi en France de tous les acteurs de la formation professionnelle et, bien sûr, des missions locales.

Terminons par un message optimiste, d’un homme qui regarde pourtant son œuvre d’un air critique : « faire confiance aux jeunes, c’est quelque chose de formidable ».

À lire :

L’invention sociale, à l’écoute de Bertrand Schwartz ; Louise Lambrichs, éd. Philippe Rey, 2006 ;

Pour, revue du GREP : dossier Construire une pensée collective pour l’action, Bertrand Schwartz et Gérard Sarrazin, n° 189, mars 2006 ;

L’œuvre de Bertrand Schwartz, cédérom et DVD, Université de Genève et Télévision Suisse romande, 2006.

Bertrand Schwartz Bertrand Schwartz, 2003

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