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Toutes les associations qui ont monté des projets cofinancé par le Fonds social européen le constatent. Les tâches administratives liées à l’exercice d’un programme européen sont croissantes. De plus, l’incertitude financière règne. Même dans les structures les mieux gérées, il est presqu’impossible de savoir exactement ce qui relève des dépenses éligibles ou non. L’inconnu devient angoissant, car les risques d’avoir à reverser une partie (voire la totalité) d’une subvention sont bien réels, et pratiquement imprévisibles.
L’association Irfed-Europe (héritière du père Lebret et d’Henri Desroches), qui gère des actions d’accompagnement pour des femmes immigrées créatrices d’entreprises en Île de France, a ainsi dû rembourser une partie des subsides qu’elle avait reçu. Elle s’était engagée à accompagner 600 personnes. Mais, sans rien demander de plus, elle s’est occupé de 680 créatrices d’entreprises. Et bien, il paraît qu’il aurait fallu demander une autorisation ; en raison de quoi, l’audit conclut qu’il fallait exiger un remboursement, au prorata du travail supplémentaire accompli. L’auditeur, pédagogue, suggéra que, la prochaine fois, pour éviter un tel désagrément, il serait préférable de mentir.
Spécialiste des programmes européens, Irfed-Europe en a connu beaucoup. Il y a une douzaine d’année, le temps consacré aux actes de gestion d’un programme représentaient 15% du volume horaire total. En 2006, pour Irfed-Europe, on se situait à 60%.
Le FSE, qui était supposé constituer un coup de pouce pour de nombreux projets, s’avère donc (en France, tout au moins) être de plus en plus souvent un piège périlleux : paiements ultra-tardifs, contrôles constants, consignes incompréhensibles, insécurité… Peut-être, après tout, est-ce une façon de préparer la décroissance des subsides européens versés aux actions conduites en France ?
Irfed-Europe est héritière de Joseph Lebret et d’Henri Desroches