Lancée en 1997, la Caisse solidaire du Nord Pas de Calais est issue d’une tradition locale d’encouragement à l’épargne populaire, avec un important mouvement des Cigales et une société coopérative de capital-risque solidaire, Autonomie et solidarité.
La Caisse solidaire a été présentée comme un modèle, notamment par Marie-Christine Blandin, présidente Verte du conseil régional (1992 – 1998) ou Guy Hascoët, qui fut secrétaire d’État à l’économie solidaire (2000 – 2002), qui voulait la dupliquer dans d’autres régions.
Installée à Roubaix (Nord), la Caisse solidaire jouit d’un soutien solide de ses partenaires institutionnels, la région, mais aussi des acteurs de l’économie sociale comme la Macif ou le Crédit coopératif (groupe Banques populaires), auquel elle est rattachée.
Elle accorde une centaine de prêts par an aux entreprises ou aux associations, d'un niveau moyen de 20 000 euros, et dispose de 1 200 petits actionnaires épargnants.
Mais l’activité ne devient jamais rentable, et les pertes atteignent, en 2006, 1,9 million d'euros. En 2007, ses dirigeants doivent suspendre son activité de prêts et envisager un plan de sauvegarde pour continuer à bénéficier du statut d'établissement financier. Il leur faut pour cela un minimum de 2,2 millions d'euros de fonds propres.
Fin décembre 2007, une assemblée générale décide la destruction de parts d'actionnaires institutionnels comme la Région dont la participation tombe de 24,6 % à 4,4 %, la Caisse des dépôts (de 8,8 % à 1,5 %) ou la MACIF et FINORPA (la société issue des anciennes Houillères). Elle accepte la recapitalisation de la Caisse solidaire de 1,5 million d'euros par le Crédit coopératif qui contrôle dorénavant 57,3 % des parts et la minorité de blocage en droits de vote.
L’assemblée décide également de relancer l'épargne solidaire, espérant récolter 2 millions d’euros, la valeur des parts des sociétaires individuels étant garantie jusqu'à la fin 2009.
Enfin, selon le quotidien La Voix du Nord, la Caisse solidaire, dirigée par Catherine Martin et présidée par Patrice Duthoit, directeur de la maison de l'emploi de Tourcoing, investira les zones urbaines sensibles d'autres territoires régionaux (Sambre, littoral, bassin minier).