Le « Grenelle de l’insertion » est organisé les 23 et 24 novembre à Grenoble (Isère) sous la houlette de Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives. Il devrait ensuite durer pendant six mois et part de quelques questions : « de nouvelles voies pour les actions d’insertion ? D’autres méthodes pour faire évoluer les politiques sociales ? Une mobilisation plus forte des acteurs ? Des priorités mieux définies, mieux partagées ? »
L’objectif final affiché est une d’aboutir à un « contrat unique d’insertion », censé remplacer une dizaine de dispositions actuelles, comme le contrat initiative emploi, le contrat d'accès à l'emploi ou le contrat d'avenir notamment.
Selon Martin Hirsch (France Soir, 22/11/2007), « il va forcément y avoir confrontation ». Le 2 octobre à Dijon, Nicolas Sarkozy avait repris au bond la suggestion d'un responsable d'entreprise d'insertion en confiant à Martin Hirsch le soin d'organiser un tel débat. Le président de la République avait annoncé vouloir « mettre le paquet » pour « bousculer » le modèle social et refuser une « politique d'assistanat généralisé. »
Parmi les expérimentations au cœur des débats à Grenoble, il y a évidemment le RSA, revenu de solidarité active, qui permet un retour à l'emploi de bénéficiaires de minima sociaux sans perte de revenus. Il vient d’être étendu, et sera donc appliqué à titre expérimental dans une quarantaine de départements.
Un site Internet a été mis en place, baptisé Les rencontres de l’expérimentation sociale. Il détaille le programme du lancement du Grenelle de l’insertion à Grenoble, mais n’ouvre (pour l’instant ?) aucune possibilité de contribution ni forum. À Grenoble, un débat est organisé le 23 sur l’importante question : à quoi peut servir un Grenelle ?
On peut en effet se le demander. Après le Grenelle de l’environnement, pendant donc celui de l’insertion, Nicolas Sarkozy vient d’annoncer, devant le Congrès des maires, le 20 novembre, le lancement d’un « Grenelle de la fiscalité locale ».
À trop banaliser une expression, on finit par vider le concept de tout sens. Malgré tout, pour quelqu’un qui voulait en finir avec mai 1968, quel curieux hommage que ces multiples Grenelle.
Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives