Le site « Métis Europe » rend compte de la constitution d’une nouvelle organisation, le Freelancers Union, qui est à la fois groupe de pression et mutuelle de travailleurs, fédère les travailleurs indépendants et – selon Frédéric Rey – « réinvente le syndicalisme. » Les États-Unis comptent environ 20 millions de professionnels indépendants, consultants, architectes, webmasters, journalistes, conseillers financiers, artistes... Ils restent presque tous à l’écart du mouvement syndical traditionnel, bien qu’ils représentent près de 30% des travailleurs.
Une avocate newyorkaise, Sara Horowitz, a considéré que cette forme de travail en développement, mais très peu visible, nécessitait une nouvelle organisation. La difficulté est qu’il s’agit d’organiser des personnes non seulement indépendantes, mais aussi dispersés et isolées et de créer des liens d’entraide. Les services proposés passent donc largement par Internet : bourse à l’emploi, réductions sur certains achats, etc. Freelancers Union négocie des taux moins élevés pour la couverture maladie ou l’assurance invalidité, qui sont des prestations très couteuses auxquelles les travailleurs indépendants doivent cotiser individuellement.
L’adhésion au syndicat est gratuite, l’organisation prélevant de petites commissions sur les contrats d’assurance signés par les membres.
Freelancers Union fait du lobbying pour défendre ses membres en soutenant, par exemple, une loi donnant aux travailleurs indépendants le droit à l’assurance chômage ou en protestant contre le paiement de certaines taxes. Pour Frédéric Rey, « l’objectif de Sara Horowitz vise également à offrir une sécurisation professionnelle dans les cas de mobilité en apportant notamment des garanties lorsqu’un individu passe d’un emploi à un autre. »
Fondé en 2003, Freelancers Union revendique en 2007 50 000 membres, notamment à New York. L’organisation assure représenter un « nouveau syndicalisme ».