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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 00:05

Il faut lire tous les jours Michel Abhervé, professeur associé en économie sociale et politiques publiques à l'université de Paris Est Marne la Vallée qui publie un des blogs consacrés au thème de l’emploi parmi les plus pertinents.

Il s’autorise parfois quelques incursions sur d’autres sujets politiques ou institutionnels, comme une brillante analyse sur Enclaves, exclave et intercommunalité (14/05/2011) qui ravira les férus des subtilités administratives françaises.

Mais plus logiquement c’est à Maisons de l’emploi : nostalgie quand tu nous tiens !, paru le même jour, que je veux faire référence.

Michel Abhervé rend compte de l’audition le 26 avril 2011 de Marie-Pierre Establie d’Argencé, déléguée générale d’Alliance Villes Emploi (AVE), par la commission d’information sénatoriale sur Pôle emploi. On lira ce texte avec grand intérêt. Michel Abhervé conteste, d’expérience, certaines caractérisations du rôle d’un président de mission locale, caractérisé par Marie-Pierre Establie (selon le compte-rendu officiel du Sénat) comme ayant le pouvoir de décider seul.

Il s’interroge sur l’affirmation de l’animatrice d’AVE que l’accompagnement des publics est « une option ouverte par le cahier des charges » des maisons de l’emploi, remarquant que ce n’est l’apanage que de certaines structures rurales. Michel Abhervé remarque que l’audition le laisse perplexe sur les relations entre Pôle emploi et les maisons de l’emploi Marie-Pierre Establie déclarant que « les décisions de Pôle emploi sont rarement prises au plus près du terrain, ce qui est l’un des défauts de cette structure » et demandant une modification de la convention bilatérale en préparation avec AVE, car elle assure qu’elle « était totalement déséquilibrée en faveur de Pôle emploi. »

Notre universitaire conclut que « l’avenir des maisons de l’emploi suppose une capacité à faire évoluer fortement le discours tenu en leur nom au niveau national : moins de nostalgie du projet rêvé, projet que la création de Pôle emploi a rendu totalement caduc, plus de capacité à valoriser l’apport d’un partenariat dans lequel Pôle emploi doit jouer pleinement son rôle et où les autres acteurs apporte[nt] une réelle valeur ajoutée. Cela serait en tous cas grandement préférable au choix actuel de l’État de confier cette mission d’animation territoriale à ses seuls sous-préfets. »

Abherve Michel

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:03

Avec la pertinence habituelle, Michel Abhervé, professeur associé en économie sociale et politiques publiques à l'université de Paris Est Marne la Vallée, s’interroge sur les avatars des maisons de l’emploi (4/02/2011).

Il me prête la prétention de tenir une chronique régulière des « conséquences des inconstances des politiques de l’État », ce qui n’était certainement pas la vocation de ce blog, mais n’est sans doute pas faut.

Mais au-delà, son analyse vaut qu’on la lise, et même qu’on la discute.

« Les parlementaires ont, cette année, limité les dégâts, en réduisant légèrement la baisse des crédits que l’État avait prévu au projet de loi de finances 2011. Mais assez inéluctablement la réduction du projet initial s’inscrit dans les faits : arrêt de la labellisation, suppression des crédits d’investissement, réduction des dotations de fonctionnement, et surtout interdiction de poursuivre les actions d’accompagnement des personnes. »

Pour notre bloggeur, « C’est ce point qui suscite le plus d’incompréhension comme en témoigne la croisade d’André Figoureux pour sauver la Maison de l’emploi des pays de Flandre, sa maison de l’emploi, fondée sur la réponse au besoin de proximité dans la zone rurale de l’arrière-pays dunkerquois. »

Pour celui qui fut un des fondateurs du mouvement des missions locales, « Xavier Bertrand, dans sa fonction de ministre de l’emploi est le dos au mur. Or, « quand on est le dos au mur, on n’a pas d’autre choix que de se retourner vers les acteurs locaux qui se battent pour faire face le mieux possible, ou le moins mal possible. » C’est ainsi qu’il interprète l’appel à la mobilisation lancé par Xavier Bertrand, également maire de Saint Quentin (Aisne), ville dotée d’une maison de l’emploi et d’une Cité des métiers, dans le quotidien gratuit Métro (3/02/2011) « Il faut raccourcir les délais, simplifier les démarches et faire une priorité de la formation aux métiers qui recrutent. Le bon échelon pour y arriver, c’est le bassin d’emploi : il faut mettre en place des plans d’action locaux. Ma stratégie, c’est d’avoir une ambition nationale mais une action très locale » (c’est Michel Abhervé qui souligne).

Celui qui fut adjoint au maire d’Évry en conclut que, « pour construire cette action locale, il est à l’évidence un bon outil, les maisons de l’emploi ». Il interroge donc « Alors, on arrête, immédiatement, de les démanteler et on les remet au cœur de l’action, dans cette précieuse fonction d’ingénierie territoriale des politiques de l’emploi ? Ou on continue à dire ce qu’il faudrait faire en cassant ceux qui savent faire ? Ou pire, on recrée autre chose, qui se mettra très progressivement en place et qu’on pourrait appeler, par exemple, Maisons de l’Emploi ! »

Les blogs de Michel Abhervé :

Abherve Michel

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 00:08

Commentant l’audition du secrétaire d’État chargé de l'emploi, Laurent Wauquiez, par la commission des finances du Sénat du 15 juin 2010, Michel Abhervé, professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée, met en parallèle les  « économies faites à Pôle emploi » et une « nouvelle offensive contre les Maisons de l’emploi. »

La séance dans la haute assemblée était consacrée au « règlement des comptes et rapport de gestion pour l'année 2009. »

Mais c’est à un vrai tir de barrage que ce sont livrés, chacun dans son rôle, Serge Dassault, élu de l’Essonne, Jean Arthuis, sénateur de Mayenne, et le ministre (tous trois Ump).

L’ancien maire de Corbeil, rapporteur spécial de la commission, a dégainé le premier : « Quelle est l'efficacité des maisons de l'emploi, qui coûtent fort cher ? Ont-elles un intérêt quelconque pour l'emploi ? En revanche, la mission locale de Corbeil-Essonnes apporte 750 emplois pour les jeunes ; avec le Fonds pour l'insertion professionnelle, ces derniers accèdent au permis de conduire, et peuvent ainsi trouver rapidement un emploi. Ne serait-il pas plus efficace de transférer les crédits alloués aux maisons de l'emploi vers les missions locales ? »

Jean Arthuis, ancien ministre de l’économie, président de la commission, a renchéri : « Dans mon département [la Mayenne], la maison de l'emploi n'avait de sens que jusqu'à la création de Pôle emploi. »

Bien servi par ses questionneurs, Laurent Wauquiez pouvait lancer l’assaut : « Les maisons de l'emploi offrent une illustration intéressante puisqu'à mon arrivée, il était question de les généraliser. C'était déraisonnable, de même qu'il n'était pas rationnel qu'elles fassent la même chose que Pôle emploi. Nous avons supprimé les doublons ». Jean Arthuis insiste : « Ont-elles une raison d'être après la fusion des Assedic et de l'ANPE ? » Laurent Wauquiez, renvoie la balle « Lorsque nous avons posé la question, nous avons rencontré des obstacles, parmi les parlementaires les plus éminents, à la commission des finances, à l'Assemblée comme au Sénat. »

Puis vient la dernière salve : « Si les parlementaires qui avaient exprimé une opinion contraire ont évolué, la piste peut être intéressante car ce sont eux qui avaient souhaité conserver les maisons de l'emploi. (…) Saurez-vous convaincre vos collègues ? Ce sont les parlementaires qui s'étaient opposés à la suppression des maisons de l'emploi. »

Pour mémoire, Jean Arthuis est vice-président de la Maison de l’emploi de la Mayenne, qui a pour dirigeant un élu de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Albert Le Gurudec. Quant à Serge Dassault, il présidait la Maison de l’emploi Évry Corbeil-Essonnes en tant que maire de Corbeil-Essonnes et président de la communauté d’agglomération Seine-Essonne lorsqu’elle fut inaugurée, le 25 février 2009, par Laurent Wauquiez. Depuis, le patron du Figaro a été déchu de son mandat municipal, étant déclaré inéligible.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:09

Raphaël Wintrebert, sociologue, enseignant à l’université René Descartes (Paris V) a lancé, en mai 2010, la publication d’une série d’articles sur ses propositions pour une réforme du système de formation professionnelle continue, qui sont publiés sur le site de l'Observatoire Jeunes et Travail (Ob-jet, Saint Ouen), dont il est le directeur. Ces réflexions font suite à une étude sur le système de formation professionnelle qu’il a conduit.

Pour le chercheur, « le modèle de protection sociale français est fondé sur une logique bismarckienne, c’est-à-dire sur la centralité du statut professionnel dans l’acquisition des droits sociaux. Or si ce modèle semblait globalement efficace dans le cadre d’un développement économique industriel, d’un noyau familial relativement stable et d’un Etat national fort, il paraît moins adapté aujourd’hui en raison d’un nouveau mode d’organisation caractérisé par des entreprises de services, des situations familiales diversifiées (et davantage précaires) et un Etat national inscrit dans un processus de mondialisation qui le dépasse et qui, à bien des égards, le contraint. »

Il propose d’aller vers une personnalisation de la formation, plaçant les individus au cœur du système. Son deuxième article, daté du 25 mai 2010, propose une « nouvelle architecture politique et organisationnelle ». Il propose de passer d’une gestion par de la formation professionnelle continue (FPC) par branche professionnelle ou nationale à une gouvernance territoriale confiée aux conseils régionaux et aux partenaires sociaux.

Il suggère de définir deux instances d’orientation stratégique. D’abord des Agences régionales pour l’orientation, la professionnalisation et l’apprentissage afin d’articuler enseignement (scolaire, universitaire, professionnel) et entreprises. Ensuite des Agences pour la formation professionnelle (elles aussi régionales), qui deviendraient la seule instance prescriptive de formation, aussi bien pour les salariés que pour les demandeurs d’emploi.

Enfin la déclinaison locale des politiques de formation pourrait se faire par l’intermédiaire de Maisons de l’Orientation, de la Formation et de l’Emploi (MOFE). Raphaël Wintrebert insiste sur l’importance de « scinder clairement, dans les modes de prescription du moins, ce qui relève de la formation de ce qui relève de la recherche d’emploi. »

Il faut, selon l’universitaire, « distinguer clairement, au niveau politique, le champ de la FPC du Service Public de l’Emploi (SPE), et en même temps d’inscrire, au niveau opérationnel, la FPC dans des Maisons de l’emploi élargies et rebaptisées « Maisons de l’Orientation, de la Formation et de l’Emploi » (MOFE). »

Raphaël Wintrebert plaide donc pour des processus de formation qui aillent de l’individu (avec sa demande de formation plus ou moins bien formalisée) aux instances décisionnelles qui valident les projets individuels et, à un niveau plus général, définissent les politiques de FPC.

 Raphaël Wintrebert

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 00:02

Dans un très long article (29/11/2008), le sociologue Philippe Labbé rend compte de la conférence qu’il a tenue lors de la journée professionnelle du réseau des missions locales et PAIO de la région Centre, le 23 novembre 2009 à Tours (Indre et Loire). Plus de deux cents professionnels y étaient présents.

Le thème était « Entreprendre la relation entreprise ». Je me garderai bien de résumer cet intéressant texte qui fait le point sur les rapports entre les missions locales et les employeurs. Mais j’en relève un court passage, qui illustre un problème stratégique à tous les organismes concourant aux politiques territoriales de l’emploi : le balancement entre injonction politique et initiative des acteurs locaux.

« Durant plusieurs années, les missions locales ont été au nœud d’un système d’injonctions paradoxales dont on sait qu’elles constituent le terreau de la schizophrénie : « travailler en partenariat mais soyez concurrentes », « oui à l’approche globale mais limitez-vous au placement en emploi », « ayez des projets mais appliquez des programmes », etc. Sur un fond mouvant au plus haut niveau d’appréciations, petits mots glissés, vives critiques et déclarations empathiques, oscillant du meilleur au pire, maniant le bâton et la carotte, ces injonctions n’ont pas favorisé l’initiative : les missions locales ont longtemps vécu entre imprimatur et épée de Damoclès, aujourd’hui cajolées, demain étrillées… Seule consolation : le pire dans l’erratique a été atteint par les maisons de l’emploi, plus exactement par la politique pour les maisons de l’emploi passées en trois ans d’alpha et oméga au superfétatoire. Le malheur des uns, s’il ne fait le bonheur des autres, console. »

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 00:06

Le domaine de création d’entreprise a profondément évolué en 2009, le bouleversement touchant aussi bien son objet que ses structures.

L’élément fondamental, c’est l’apparition du statut de l’auto-entrepreneur. Même s’il sera, nécessairement, recadré, il ouvre un champ inconnu jusqu’ici. Il n’y a plus de césure, mais un continuum entre les différentes formes d’emploi, salarié ou indépendant. Rien n’est bien sûr réglé, quant à la place de l’auto-entrepreneur dans la société et au rôle des organismes professionnels ou d’appui-conseil.

En matière d’appui aux entrepreneurs, la transformation la plus évidente est l’orientation vers une marchandisation de ce qui relevait principalement jusqu’ici du partenariat et de l’agrément d’organismes compétents. Des marchés sont conclus sur appels d’offres pour les prestations aux demandeurs d’emploi (Cible emploi et évaluations préalables à la création ou reprise d’entreprises pour Pôle emploi), pour jeunes des quartiers (contrats d’autonomie), pour le nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise (Nacre), etc.

De nouveaux intervenants apparaissent donc, sur ce qui est désormais qualifié de marché, alors qu’ils étaient jusqu’ici en lisière du secteur : experts-comptables, agences d’intérim, cabinets de reclassement…

Le démarrage de ces dispositifs (Nacre, contrats d’autonomie) montre cependant une des difficultés de l’exercice qui place l’appui à la création d’entreprise et à l’accès à l’emploi uniquement dans le champ concurrentiel : l’exclusion de certains publics est accentuée. En effet, les opérateurs sont payés en fonction du résultat et sur des contingents limités. Rien d’étonnant donc qu’ils préfèrent évidemment recevoir un futur entrepreneur ayant de grandes chances de mener à bien son projet plutôt que de risquer un échec statistique en accompagnant un porteur de projet plus précaire.

De plus, l’ancrage dans le secteur commercial du cœur de l’appui à la création d’entreprise souligne l’importance du renforcement d’activités en amont : le travail de sensibilisation et d’aide à l’émergence d’entrepreneurs. Le renforcement des services d’amorçage de projets dans les quartiers (CitésLab) et du réseau Balise montrent que les initiatives sont là, même si leur financement est loin d’être simple.

Le développement des services à distance, l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) étant pionnière en la matière avec Adie Connect, constitue un nouvel enjeu pour le secteur.

Le secteur de la formation à l’entrepreneuriat évolue également, avec une tendance nouvelle vers la reconnaissance de diplômes pour des personnes engagées dans un processus entrepreneurial : école des entrepreneurs en économie sociale et solidaire de Montpellier, diplôme de créateur d’activités dans plusieurs IUT à l’initiative des groupements de créateurs, certificat entrepreneur et petite entreprise du Cnam, élargi au secteur de l’artisanat avec les chambres de métiers, lancement d’une licence professionnelle, toujours par le Cnam, renforcement d’incubateurs et de formations dans des écoles de commerce (Advancia, Essec), etc.

Enfin, le tutorat des créateurs d’entreprises reste toujours en devenir ; mais la publication le 26 juin 2009 de l’arrêté désignant les réseaux qui pourront labelliser des bénévoles va sans doute très bientôt accélérer les choses. Jusqu'ici, seules quelques maisons de l'emploi, comme celle d’Ajaccio en Corse, s’efforçaient d’appliquer ce dispositif. La prime accordée aux accompagnateurs bénévoles étant assez conséquente, elle risque d'attirer du monde. On remarquera que les 1000 euros de réduction d'impôt promis à un accompagnateur bénévole pour suivre un chômeur créateur sont bien supérieurs aux 450 euros (brut) que perçoit un organisme professionnel pour une prestation...

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 00:10

Le secteur de l’appui territorial à l’emploi a connu quelques bouleversements en 2008 et 2009. Faisons le point ce 14 juillet sur des modifications qui ont parfois été présentés comme une révolution en matière de structures des organismes intervenant en matière d’emploi.

La création de Pôle emploi, nouveau cadre pour un service public de l’emploi d’État. Même si l’organisme est de statut privé, il faut l’assimiler à un établissement public aussi bien par son mode de décision que par les missions qui lui sont accordées. La recentralisation de la politique de l’emploi, dans laquelle le gouvernement a affirmé sa compétence, est une évolution flagrante.

Les maisons de l'emploi, bousculées par l’arrivée du nouvel opérateur public, prennent peu à peu une place « complémentaire », bien qu’encore incertaine dans bien des lieux. Elles ont vocation à regrouper les Plans locaux d’insertion par l’activité économique (PLIE) et les Comités de bassin d’emploi (CBE), mais aussi (bien que de manière systématique, les missions locales, ce qui a commencé à se faire dans plusieurs endroits (voir l’exemple des Deux Sèvres). L’unification de ce secteur se trouve facilitée par l’adoption d’une convention collective commune, applicable depuis le début de l’année.

Mais une révolution en chasse une autre. En 2005, la création des maisons de l'emploi avait fixé un cap bouleversant le paysage. L’arrêt du programme en 2007 et l’apparition de Pôle emploi ont changé la donne, confinant le rôle des collectivités territoriale à un domaine plus restreint, qui commence à s’éclaircir : celui de l’information et de l’orientation du public, de l’appui au développement et à la création d’entreprise, des services aux entrepreneurs ainsi que de la stratégie territoriale et de la coordination des acteurs.

 Maison de l'emploi de

Saverne
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 00:04

Le Sénat a consacré à Pôle emploi un débat le 25 juin 2009. Michel Abhervé, professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée, publie sur son blog un article sur ou il cite d’importants extraits d’un « débat intéressant » au « jugement globalement mitigé. »

Je reprends, pour ma part, l’échange consacré aux relations entre Pôle emploi et les Maisons de l’emploi entre Alain Fouché, sénateur Ump de la Vienne, et Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.

Pour Alain Fouché, ancien président de la Maison de l’Emploi et de la Formation de la Vienne, « la forte croissance du nombre de demandeurs d’emploi ne peut être gérée par le seul Pôle emploi. (…) Cela rend d’autant plus incompréhensibles les relations qu’entretient Pôle emploi avec les Maisons de l’emploi. Si je considère le projet originel de Maison de l’emploi d’une manière générale, et ce que j’ai signé dans la Vienne, je vois que l’axe 2 de la convention pluriannuelle d’objectifs signée en janvier 2008 avec l’État, le conseil général et les intercommunalités concerne l’accompagnement et le retour à l’emploi. Aujourd’hui, cet axe est supprimé et l’État demande que les Maisons de l’emploi ne fassent que du pré accompagnement, c’est-à-dire qu’elles ne fassent qu’informer sur l’offre de service du Pôle emploi. C’est absurde ! »

« Il y a certes l'évolution de l'offre de services du Pôle emploi : un conseiller personnel, un suivi mensuel, un accompagnement personnalisé, le site. Mais, sur le terrain, une Maison de l'emploi offre une ouverture quotidienne, un espace numérique avec un accueil et un conseil, quand Pôle emploi n'assure qu'une présence partielle. Ne peut-elle pas faire plus qu'un simple relais vers un site Pôle emploi distant ? N'y a-t-il pas des synergies à développer, particulièrement dans les zones rurales ? Les antennes des Maisons de l'emploi sont parfaitement identifiées comme un lieu ressource incontournable pour les personnes en recherche d'emploi.

« Vous-même, monsieur le ministre, aviez estimé que les Maisons de l'emploi doivent être un outil permettant de simplifier et rendre l'action du Pôle Emploi plus efficace. Pourquoi alors s'obstiner à refuser la contribution des ressources qualifiées des Maisons de l'emploi ? Comment ne pas y voir la seule manifestation d'une volonté mal placée de conserver un pré carré ?

« En même temps que le nouveau cahier des charges des Maisons de l'emploi, nous attendons une convention régissant, au plan national, les relations entre Pôle emploi et ces dernières. Il y a urgence. Dans la situation économique que nous connaissons, ce sont les territoires qui connaissent les vraies difficultés et ce sont les acteurs locaux qui sont en position d'apporter les meilleures réponses. »

Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi, lui répond : « Il nous reste à repenser… la question des partenariats. Un travail a été engagé avec l’ensemble des acteurs. Je pense à Cap emploi, qui joue un rôle essentiel dans l’insertion professionnelle des personnes handicapées, aux missions locales, précieuses pour aider à résoudre le problème de l’emploi des jeunes, mais aussi aux opérateurs privés qui, étant entendu qu’il ne s’agit pas de toucher à la colonne vertébrale du service public, peuvent apporter un renfort substantiel.

« M. Fouché a posé la question du partenariat entre Maisons de l’emploi et Pôle emploi. Je sais, monsieur le sénateur, combien vous êtes attaché à ces structures. Mme Procaccia [sénatrice Ump du Val de Marne] a raison de dire que Pôle emploi ne doit pas être une citadelle. C’est un message que nous avons clairement envoyé. Si vous rencontrez des difficultés sur le terrain, je vous demande de m’en informer clairement, pour me permettre d’y remédier. Les cadres du Pôle emploi doivent pouvoir agir au service des élus : c’est par le travail d’équipe que l’on imagine des dispositifs au plus près des besoins des territoires. Les Maisons de l’emploi permettent à l’ensemble des acteurs de se retrouver autour de la même table. Ces lieux doivent être des forces de proposition au service de l’expérimentation locale et de l’innovation. Je pense aux programmes de lutte contre l’illettrisme, aux actions transfrontalières, à l’expérimentation de modes de garde innovants, autant de sujets sur lesquels elles nous ont été précieuses. Mais je ne souhaite pas, en revanche, qu’elles agissent comme des opérateurs de placement. Cela pousse, sur certains territoires, à un jeu de concurrence malsain… »

« M. Alain Fouché.  - Pas concurrence, complémentarité.

« M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'État.  - ...qui trouve vite, sur le terrain, une exploitation politique. La Maison de l'emploi de Chevigny, monsieur Fouché...

« M. Alain Fouché.  - Chevigny et ailleurs.

« M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'État.  - L'élu que vous êtes sait bien que ce qui se passe sur un territoire mérite attention pour en tirer des leçons à l'échelle nationale. Le Pôle emploi continuera d'animer la Maison de l'emploi, mais ce que je ne veux pas, c'est que sur un même territoire, deux services fassent la même chose. Ce serait renouer avec la complexité dont on a voulu se défaire. C'est pourquoi vous avez raison, monsieur Fouché, de parler de complémentarité, d'association.

« Nous élaborons un cahier des charges pour les Maisons de l'emploi, qui sera mis en place dès le début de l'année 2010. Nous allons sortir, à la plus grande satisfaction, à n'en pas douter, des élus, du système surréaliste de financement de ces structures qui prévalait jusqu'ici et donnait lieu à un jeu de chassé-croisé épuisant. L'évaluation se fera a posteriori ; c'en sera fini des versements au compte-goutte qui suscitaient des difficultés de trésorerie. »

La Maison de l’Emploi et de la Formation de la Vienne est une association, dont Claude Bertaud est le président.

  Alain Fouché, sénateur de la Vienne

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 00:06

Le premier débat d’initiative parlementaire (suite à la révision de la constitution) a eu lieu à l’Assemblée nationale, le 24 mars 2009 sur les maisons de l’emploi.

Il s’est déroulé dans une ambiance relativement calme, la cinquantaine de députés présents défendant avec un bel ensemble les maisons de l'emploi, tandis que Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi, assure vouloir les pérenniser.

Il a cependant insisté sur le fait que les maisons de l'emploi ne devaient, en aucun cas, faire du placement.

Les orientations prioritaires des maisons de l'emploi, tel que le futur cahier des charges devrait l’annoncer, ont été résumées : coordination – partenariats – diagnostic ; innovation  - anticipation ; accueil.

La fusion des missions locales avec les maisons de l'emploi a été évoquée comme un possibilité, le ministre soulignant cependant que la fonction d’opérateur des missions locales les écartait du fonctionnement des maisons de l'emploi. Par contre, sans les rendre vraiment obligatoires, la fusion des PLIE et des comités de bassins d'emploi est très vivement souhaitée.
Reste à comprendre ce qui peut se faire dans les zones non couvertes, car le ministre a exclu, malgré des demandes répétées, toute nouvelle labellisaton "avant une évaluation approfondie".

Avant des commentaires plus complets sur ce débat, vous pouvez lire ci-joint le compte rendu intégral des débats.

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 00:07

Désirs d'entreprendre est un collectif rassemblant des entrepreneurs, des cadres dirigeants des entreprises privées et publiques, des porteurs de projets et des développeurs régionaux, des sociologues, des économistes, des chercheurs concernés par l'entreprise, etc..

Proche de Ségolène Royal, Désirs d'entreprendre se fixe l’objectif d'aider la gauche, et en premier lieu le parti socialiste, à bâtir un projet réhabilitant les entreprises, et plus généralement le « désir d'entreprendre. »

Désirs d'entreprendre critique la vision de droite de l'entrepreneur, centrée sur l'individu, le profit et le désir d'accumulation financière. L’association et son blog veulent lui opposer une conception alternative considérant l'entreprise comme un lieu de création collective où la réunion des talents, des capacités, et des compétences permet seule de créer de la valeur.

L’association plaide pour une refonte du dialogue social, privilégiant la transparence, la participation dans l'entreprise ainsi que le renforcement du rôle des salariés à tous les niveaux.

Désirs d'Entreprendre veut faire naître « une vision cohérente et partagée de l'économie et de l'entrepreneuriat dans une société où la valeur créée sera plus justement réparti entre le travail et le capital. »

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Le Cahier des charges 2009 des maisons de l’emploi (décembre 2009)

Les Modalités de financement des maisons de l’emploi (décret de décembre 2009)

Rapport du groupe de travail sur l’élaboration d’un nouveau cahier des charges pour le conventionnement des maisons de l’emploi  (Michel Thierry, IGAS, septembre 2009)


L’étude de la DARES : Les maisons de l'emploi conventionnées avant fin juillet 2007 (mars 2009)
Le rapport final de Jean-Paul Anciaux, député de Saône et Loire, sur l'évaluation des maisons de l'emploi (juin 2008)

Le rapport intermédiaire de Jean-Paul Anciaux, député de Saône et Loire, sur l'évaluation des maisons de l'emploi (janvier 2008) avec sa première annexe et sa deuxième annexe.
Le
rapport de Marie-Christine Dalloz, députée du Jura, sur les maisons de l'emploi (juin 2008)
La loi du 13 février 2008 sur la
réforme du service public de l'emploi

La carte des maisons de l'emploi en métropole en décembre 2008 (source : DGEFP, Dares)

L'annuaire des maisons de l'emploi (réalisé par le ministère de l'emploi, mars 2007) 

La liste des maisons de l’emploi labellisées et conventionnées (juin 2008, source DGEFP)

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