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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 00:01

Claude Alphandéry, 87 ans, reste un homme actif. Le président honoraire de France active a certes démissionné de son poste de président du Conseil national de l’insertion par l’activité économique (CNIAE) en avril 2009, mais il continue de se rendre de travailler très régulièrement, et pas seulement sur la rédaction de ses livres (Une si vive résistance vient d’ailleurs de paraître aux éditions Rue de l'échiquier en janvier 2011).

Situé sur le boulevard Saint Germain, à Paris, le bureau de l’ancien résistant qui fut ensuite banquier, surplombe un magasin de chaussures. Dans le quartier, le bon marché ou le low cost n’ont guère leur place. Selon Claude Alphandéry, qui compte l’anecdote à Nancy lors d’une réunion de France active (18/03/2011), les prix s’étagent entre 950 et 1180 euros (la paire).

Face au magasin, il y a également un banc. Depuis dix-huit mois, il est occupé par un sans domicile fixe. Claude Alphandéry, le salue, lui parle, lui donne un euro.

Notre économiste, initiateur du manifeste pour une économie solidaire, a toujours envie d’apprendre. De ses dialogues avec le clochard, il retient cette phrase : « combien de fois faudra-t-il que vous veniez me voir pour que je puisse me payer une paire de pompes comme celles d’en face ? »

Claude Alphandéry avait écrit L'Amérique est-elle trop riche ? (Paris, Calmann-Lévy, 1960). Avec le Labo de l’économie sociale et solidaire il prépare les États généraux de l’ESS pour les 17, 18 et 19 juin 2011 au Palais Brongniart (ancienne Bourse de Paris) et s’efforce de recueillir des « Cahiers d’espérances », afin d’illustrer des initiatives de terrain dans « une vision globale conceptuelle et poétique d’espérance. »

Ø      Une si vive résistance entretien, préface d'Edgar Morin, Rue de l’échiquier, 2011, 9,90 euros

claude_alphandery.jpg

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:04

Telle qu’elle est financée par l’État, l’insertion par l’activité économique connaît une forte baisse, dans une période où elle semble pourtant plus nécessaire que jamais. En 2007, le Grenelle de l’insertion avait tenté de mettre en place des mécanismes pour prévenir els difficultés financières déjà rencontrées par le secteur. Mais la crise est passée par là. Les chiffres sont ceux publiés par la direction des études du ministère du travail (DARES) dans son tableau de bord des politiques de l’emploi (mars 2010).

Le nombre d’entreprises d’insertion répertoriées a diminué d’un quart en moins de deux ans. Il y en avait 1 010 en activité en novembre 2008, elles ne sont plus que 759 fin février 2008.

Les entreprises d’intérim d’insertion connaissent une évolution comparable. Leur nombre dépassait 220 les années précédentes ; il s’est réduit à 150 en février 2010, en baisse de près d’un tiers.

Le nombre de personnes en contrat d’insertion diminue aussi très vite. Il y avait ainsi 13 080 salariés actifs en fin de mois de février 2008, et seulement 9 970 deux ans après (-24%).

Les embauches dégringolent beaucoup plus rapidement encore. Ainsi, les entreprises d’insertion avaient recruté 2 035 salariés en février 2008 ; il y a en eu 1 298 le même mois cette année (-36%).

En ce qui concerne les contrats de travail temporaire, on peut parler d’un effondrement : 8 061 au lieu de 19 645 (-59%). Et le volume d’heures travaillées en intérim d’insertion n’est plus que de 280 000 heures en février 2010, quand il était de 838 000 deux exercices plus tôt, soit deux-tiers de moins, selon l’Agence de services et de paiement (ASP).

Par contre, le nombre d’organismes agréés en matière de services à la personne est en croissance, même si les chiffres sur le nombre de salariés n’est pas connu au-delà de 2008.

Au cours de l’année 2008, on avait connu une forte réduction, passant de plus de 445 000 salariés en fin de mois en janvier à moins de 380 000 en décembre. Le volume d’heures payées au cours du mois se tassait également, de 26,7 millions d’heures au début de l’année à 23,3 à sa fin (-13%). Le secteur non lucratif était plus touché que les sociétés privées.

 

Nombre de salariés du mois dans les services à la personne (source : DARES)

Janvier 2008

Décembre 2008

Évolution

Association et organismes publics mandataires

136 946

110 570

-19%

Association et organismes publics prestataires

251 614

214 314

-15%

Sociétés privées mandataires

19 614

17 597

-10%

Sociétés privées prestataires

36 988

36 382

=

Total

445 162

378 863

-15%

 

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 00:08

Le groupe franco-suisse d’intérim Adecco a annoncé en juin 2009 la naissance de Réseau Adecco Insertion. Il s’agit du regroupement de ses deux entités, les agences Adecco Insertion, et Id'ées.

Le groupe Id'ées, basé en Bourgogne, est organisme d'insertion, qui a été pionnier dans la mise en place d’agences d’intérim d’insertion (ETTI), notamment dans le bâtiment, les espaces verts ou les transports. Il s’est rapproché d’Adecco en 1994.

Réseau Adecco Insertion assure représenter 35 agences et 1 000 équivalents temps plein en 2008. Il a recruté plus de 5000 personnes, placées dans 1200 entreprises et aurait permis à plus de 1800 personnes de trouver l’emploi durable.

L’objectif du nouveau réseau est de doubler le nombre d’agences et de personnes embauchées d'ici deux ans. Il compte y arriver grâce au développement de synergies entre les agences d’intérim d’insertion, les agences d’emploi Adecco, le Service Public de l’Emploi et les acteurs sociaux et territoriaux. Réseau Adecco Insertion deviendra la marque commune des agences ; pour l’instant, outre l’identité Id’ées, elles portent de nombreux noms locaux : Chorus Normandie (le Havre), Emploi 02 ou 51 ou 60 ou 93, Objectif emploi (Paris), Option 2i (Strasbourg), Emploi, Inserim (Nantes), Alter (St Brieuc), T-Plus (Nice).

Adecco se décrit comme le leader mondial des services en Ressources Humaines. Le groupe compte plus de 34 000 collaborateurs et 6 600 agences dans 60 pays.

En France, Adecco indique couvrir « tous les champs de l’emploi ». Si le placement de candidats intérimaires reste son cœur du métier, l’activité s’est enrichie de conseil en recrutement et organisation, recrutement de cadres, formation, gestion du capital humain, externalisation de services.

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 00:03

Lors du débat à l'Assemblée nationale du projet de loi généralisant le revenu de solidarité active (RSA) et réformant les politiques d'insertion, plusieurs amendements sont venus renforcer le pacte territorial pour l'insertion, qui constitue l'une des innovations du projet de loi. L'amendement adopté par les députés oblige chaque département à conclure un tel pacte « avec les parties intéressées » : service public de l'emploi, les maisons de l'emploi ou, à défaut, les plans locaux pour l'insertion et l'emploi (PLIE), les organismes compétents en matière d'insertion sociale, les CCAS ou CIAS, ainsi que « les collectivités territoriales intéressées, en particulier la région, et leurs groupements ».

D’après ce texte, la région devra contribuer aux politiques territoriales d'insertion, au titre de ses compétences en matière de formation professionnelle. Des déclinaisons locales du pacte devront être mises en place, leur nombre étant arrêté par le président du conseil général.

Les députés ont également adopté un amendement visant à donner un statut aux « personnes accueillies dans des organismes d'accueil communautaire et d'activités solidaires ». Il s’agit notamment des 4 000 compagnons d'Emmaüs, un mouvement créé par l'abbé Pierre, et d’à peu près autant de personnes vivant dans d'autres organismes. L'article 8 bis (nouveau) du Code de l'action sociale et des familles autorise les organismes concernés à « faire participer ces personnes à des activités d'économie solidaire afin de favoriser leur insertion sociale et professionnelle ».

Le projet de loi a été adopté, en première lecture, par la chambre des députés le 9 octobre 2008.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 00:06

Le Guide en direction des donneurs d’ordre Clauses sociales et promotion de l’emploi dans les marchés publics a été réalisé en février 2007 Ce Guide a été élaboré par  Alliance Villes Emploi en partenariat avec le Conseil National de l’Insertion par l’Activité Economique (CNIAE).

En complément de ce guide, un Annuaire des facilitateurs des clauses sociales a été rédigé par Alliance Villes Emploi qui l’a mis en ligne et se charge de le mettre à jour.

Ce texte répertorie les personnes ressources en charge de l'ingénierie des clauses sociales sur les territoires.

Sur l’édition disponible en juillet 2008, on relevait 115 structures venant des 21 régions de la France continentale.

La plupart des ressources venaient des plans locaux pour l'insertion et l'emploi (PLIE) ou des maisons de l'emploi. On relevait ainsi 74 PLIE et 28 maisons de l’emploi répertoriées, mais il faut remarquer que, parmi ces dernières, au moins une quinzaine sont également porteuses de PLIE.

Par ailleurs, les autres personnes ressources étaient relevées dans deux communes, deux intercommunalités, un département, une DDTEFP et une association intermédiaire.

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 00:05

40 % des Caisses régionales du Crédit agricole ont mis en place des solutions permettant – selon la présentation qu’elles en font dans un article de leur site Internet – « d'assurer une écoute, apporter un conseil personnalisé et aider les clients les plus fragiles à traverser les moments difficiles. »

Le dispositif Passerelle veut « remettre en selle » des personnes financièrement ébranlées par un accident de la vie. L’initiative est venue de la caisse régionale du Crédit agricole du Nord Est en 1997 et elle a été reprise depuis par plusieurs autres caisses régionales sur le même modèle initié. 14 Caisses régionales l'avaient mis en place en 2007 et 5 s'y préparaient.

D'autres dispositifs du même type avaient été expérimentés dans d’autres caisses régionales du Crédit agricole : Comité des Jours difficiles ou Banque des Jours difficiles.

Passerelle fait intervenir des élus, des salariés et des retraités du Crédit Agricole, mais également des partenaires tels que les services sociaux, l'Anpe, des associations d'insertion… Les personnes sont orientées vers Passerelle principalement par les agences du Crédit Agricole et par le réseau d'administrateurs. Pour bénéficier de cet accompagnement, les personnes aidées doivent avoir la volonté de prendre en charge leurs difficultés, condition essentielle pour que le dispositif fonctionne.

Joseph d'Auzay, directeur général de la Fédération nationale du Crédit agricole, qui intervenait lors de la session sur « microcrédit personnel et inclusion financière » organisée dans le cadre du Grenelle de l’insertion à Paris le 23 avril 2008, soulignait que sa banque constatait « 50% de rejets de demandes de crédits à la consommation » et s’en inquiétait. En 2007, elle a transformé le dispositif Passerelle en filiale spécialisée pour répondre par une offre 1 000 à 4 000 € aux personnes en difficulté ayant fait l'objet d'un refus. 8 000 dossiers ont été traités en un an.

Si la filiale a un statut d’entreprise, amenée à équilibrer ses comptes non subventionnée, Joseph d'Auzay a précisé que ladite société était « sans objectif de retour sur investissement. »

Voir mon article sur le microcrédit personnel du 25/04/2008 : Microcrédit social ou de masse ?

Voir également le site de la Caisse des dépôts et consignations France microcrédit.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 00:08

Le rapport complet, l’Agence nouvelle des solidarités actives sur « Microcrédit social : diagnostic et perspectives de développement » (mars 2008) se livre à un calcul, à mon sens assez contestable car très daté, du coût du microcrédit. Mais il me semble important de relever ces chiffres.

D’après les règles de fonctionnement fixées par la Caisse des Dépôts pour le développement du microcrédit social, chacune des expérimentations est montée dans l’objectif de réaliser ou d’instruire 50 microcrédits sociaux. Pour chacune de ces expérimentations, la Caisse des Dépôts a fait le choix de soutenir financièrement par une « aide au démarrage » d’environ 20 000 euros chaque réseau associatif souhaitant accompagner des bénéficiaires de microcrédits.

Au 30 septembre 2007, les 132 expérimentations lancées ont permis de réaliser en moyenne neuf prêts depuis dix-huit mois.

Le coût moyen d’une expérimentation locale est composé des 20 000 euros octroyés par la CDC au lancement, ainsi que des coûts de formation payés par le Fonds de cohésion sociale. Au 30 septembre 2007, le coût total des expérimentations est évalué par l’ANSA à 4,9 millions d’euros, ce qui donne un coût moyen de 44 000 euros pour un dispositif local.

Ce coût total ramené à l’unité (un prêt) représente 3 200 euros, soit près de 1,4 fois le montant des prêts moyens octroyés au 30 juin 2007 chiffrés, selon le reporting des établissements financiers établi par la CDC au 30 juin 2007, à 2500 euros.

Ce coût de structure apparaît à l’ANSA « démesuré comparativement aux montants prêtés ». L’Agence l’explique en partie par le fait que les subventions sont calculées sur la base de 50 prêts cibles par expérimentation alors que les réalisations sont bien plus faibles (d’où l’augmentation du coût unitaire). Elle remarque que dans l’hypothèse où les 5 600 prêts estimés avaient été réalisés, le coût unitaire s’établirait à 875 euros.

Mais l’ANSA note aussi que « ces coûts unitaires ne prennent pas en compte les coûts liés à l’octroi et à la gestion du prêt supportés par les établissements financiers. »

Voir mon article sur le microcrédit personnel du 25/04/2008 : Microcrédit social ou de masse ?

Voir également le site de la Caisse des dépôts et consignations France microcrédit.

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 20:01

Le Grenelle l’insertion s’est terminé le 27 mai 2008 avec une séance solennelle dans la salle même où furent signés les accords de 1968, en présence du premier ministre, François Fillon – ce qui est un étrange hommage du gouvernement à une période pourtant répudiée.

Les participants (syndicats, organismes patronaux, associations, gouvernement) se sont accordés sur une « feuille de route ». Elle présente douze chantiers prioritaires et des engagements. Certaines dispositions, dont le futur contrat unique d'insertion, devront faire l’objet d’une loi. Un texte « portant réforme des politiques d'insertion » est annoncé pour bientôt.

On espère que la feuille de route aura un devenir plus conséquent que celle supposée résoudre le conflit au Proche Orient.


Retrouvez ici la synthèse des travaux du Grenelle de l’insertion dans sa forme finale et la feuille de route.

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 00:02

Dans cinq articles précédents, j’ai rendu compte de la journée de synthèse du Grenelle de l’insertion, tenue à la Maison de la Mutualité à Paris le 23 mai 2008 et j’ai mis en ligne la version de travail du rapport général du Grenelle de l’insertion.

Je termine ici la reprise d’une partie des interventions.

La quatrième table-ronde était consacrée au thème : « Impliquer davantage les employeurs privés et publics. »

Le rapporteur, Jean-Luc Vergne, directeur des ressources humaines du groupe Psa Peugeot-Citroën, en bon représentant du secteur privé, a commencé par renvoyer la balle sur le secteur public, demandant que les employeurs publics évoluent et prennent plus en charge l’intégration de publics en insertion. Puis il a continué, très classiquement, à refuser l’idée même d'obligations pour les employeurs privés. Mais, élargissant le champ de réflexion, il a remarqué que « ce sont les divergences d'aujourd'hui qui sont les plus-values de demain. »

Toujours dans un rôle convenu, René Bagorski, de la Cgt, a revendiqué de mêmes droits pour tous les salariés, y compris ceux en insertion. Sa collègue de la centrale chrétienne Cftc, Nicole Prudhomme, n’a pas dérogé non plus, soulignant le rôle social de l'entreprise.

Le mélange des genres a commencé quant Valérie Corman, du Mouvement des entreprises de France (Medef) a présenté la brochure une brochure réalisée par l’organisation patronale avec plusieurs acteurs de l’insertion visant à « collaborer et coproduire sur le territoire ». La maquette et le titres sont un peu compliqués, mais l’objectif est de promouvoir la coopération entre le secteur privé et les différents acteurs de l’insertion. Une des idées clés est de diffuser le concept de Geiq (groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification). Le syndicat des chefs d’entreprises s’est également affirmé favorable au développement des contrats de professionnalisation.

Pour Philippe Maitreau, adjoint au maire de Mulhouse (Haut Rhin) et qui siège à la fois au Conseil national des missions locales et à la Commission de labellisation des maisons de l'emploi, un dialogue territorial complémentaire du dialogue social doit être engagé. Il doit permettre de mettre en place une gestion territoriale des emplois et compétences.

Parlant au nom de l’Association des maires de France, Philippe Maitreau a pointé une contradiction des messages de l’État qui, d’un côté, veut que les collectivités territoriales consolident les personnes embauchées en contrats aidés et, d’un autre bord, exige qu’elles réduisent leurs dépenses de fonctionnement. Les collectivités territoriales prennent en compte les personnes globalement, étant à même de créer par exemple des crèches ou des écoles de parents et d’autres services utiles à la reprise d’emploi.

Consultant au groupe Altedia, Xavier Lacoste, a estimé que c'est la collaboration du « nouvel opérateur public » (fusion de l’Anpe et du réseau Assedic) avec les structures du territoire qui sera déterminante pour la réussite des actions d’insertion.

Le moment le plus intense du débat fut lorsque Nardjes Meslem, en contrat d’accompagnement dans l’emploi (Cae) expliqua qu’elle terminerait bientôt son parcours, sans qu’elle ait de perspectives d’emploi stable. Elle remarqua qu’avoir un tel contrat la « marquait » dans sa recherche d’emploi.

Rompant un discours presque consensuel, Alain Bernard, du Secours catholique a suggéré de lier les exonérations de charges pour les employeurs à leurs efforts en matière d’insertion de publics en difficultés. Mais il a aussi dénoncé les menaces de naufrage des chantiers et autres associations d'insertion, frappés par la baisse des crédits publics.  

On n’avait pas prévu de lui donner la parole, mais le doyen de l’assemblée, Claude Alphandéry, 86 ans, ancien résistant, banquier, économiste et toujours président du Conseil national de l'insertion par l'activité économique s’est tout de même exprimé, disant sans détours qu’il était choqué que Jean-Luc Vergne ait oublié d’évoquer les entreprises d’insertion dans son rapport, ce qui lui semblait symbolique des ambiguïtés de ce processus du Grenelle de l’insertion.

Ce sera donc avec ses propos que je conclus ma série d’article sur la synthèse des travaux du Grenelle de l’insertion.


 Claude Alphandéry, président du CNIAE

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 00:08

Dans des articles précédents, j’ai rendu compte de la journée de synthèse du Grenelle de l’insertion, tenue à la Maison de la Mutualité à Paris le 23 mai 2008 et j’ai mis en ligne la version de travail du rapport général du Grenelle de l’insertion.

Je poursuis ici la reprise d’une partie des interventions.

La troisième table-ronde était consacrée au thème : « Prévenir par la formation et par la valorisation de l’activité. » Elle a abordé à la fois la question des jeunes, celle de la création d’entreprises et celle de la formation tout au long de la vie.

Rapporteure du groupe de travail, Annie Thomas, secrétaire nationale de la Cfdt et ancienne présidente de l’Unedic, a proposé de fusionner les réseaux d'information et d'orientation des jeunes.

C’est par un salut à Bertrand Schwartz que démarra Pierrette Catel, du Conseil national des missions locales (Cnml), signalant que c’était « pour ce qu'il fait avec les missions locales aujourd'hui » (1). Pour Pierrette Catel, il y a pleins de points communs entre les travaux du Synami-Cfdt et ceux du Grenelle de l’insertion ainsi qu’entre les rapports Schwartz de 1981 et la synthèse du Grenelle de l’insertion préparée par Julien Damon en 2008.

La chargée de mission du Cnml a indiqué son désaccord avec Nicole Maestracci, la présidente de la Fnars, en réaffirmant le besoin d'un politique dédiée pour le public jeune.

En matière de création d’entreprises, le témoignage de Dominique Merlin a été illustratif des difficultés rencontrées par les porteurs de projets. Ancienne chef d’entreprise, actuellement en contrat d’accompagnement dans l’emploi (Cae), elle a un nouveau projet de création d’entreprises. Mais elle se heurte à de nombreuses difficultés : « je n'ai pas le droit de quitter mon Cae pour créer une entreprise, on me menace de je ne sais quelles sanctions et je ne pourrai pas bénéficier de l'Accre (aide aux chômeurs créateurs d’entreprises) ».  Dominique Merlin se plaint aussi de l’attitude de tous les organismes (dont une Boutique de gestion) qui, sans tenir compte de son expérience, exigent qu’elle passe par toutes les étapes préalables (information collective, remplissage de dossiers) avant d’accepter de la recevoir.

Laurence Martin, syndicaliste à Force ouvrière, a souhaité privilégier l’appui à la reprise d'entreprises.

En matière de formation, Janine Jarnac, conseillère régionale d’Aquitaine (Ps), qui représentait l’Association des régions de France (Arf) s’est prononcée pour une fédération des financements pour pouvoir servir tous les publics sans discrimination. 

Pour Paul Santelmann, Conseil national pour la formation professionnelle tout au long de la vie (Cnfptlv) la formation n'a de sens que pour ceux qui ont un projet professionnel.

C’est sur les formations certifiantes qu’il faut mettre l'accent selon Laurence Martin (Fo).

Au cours du débat, un représentant de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux) a estimé que, dans les propositions issues du Grenelle de l’insertion, on est trop restrictif en réservant les contrats aidés uniquement à des personnes relativement proches de l’emploi.

Le dernier mot est revenu à un délégué d’Emmaüs. Pour les militants du mouvement de l’abbé Pierre, la distinction entre économique et social, c'est extrêmement daté.

(Fin du compte rendu dans un prochain article)

(1) Le Syndicat national des métiers de l’insertion (Synami Cfdt), avec Gérard Sarazin et Bertrand Schwartz, 89 ans, a conduit en 2007 et 2008 une étude avec 4 missions locales. La synthèse intitulée « écouter pour agir » est disponible en ligne sur le site de la Fédération protection sociale travail et emploi de la Cfdt. Un blog a été mis en ligne dans le cadre de cette étude : Innover pour l’insertion.

 Bertrand Schwartz

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Le Cahier des charges 2009 des maisons de l’emploi (décembre 2009)

Les Modalités de financement des maisons de l’emploi (décret de décembre 2009)

Rapport du groupe de travail sur l’élaboration d’un nouveau cahier des charges pour le conventionnement des maisons de l’emploi  (Michel Thierry, IGAS, septembre 2009)


L’étude de la DARES : Les maisons de l'emploi conventionnées avant fin juillet 2007 (mars 2009)
Le rapport final de Jean-Paul Anciaux, député de Saône et Loire, sur l'évaluation des maisons de l'emploi (juin 2008)

Le rapport intermédiaire de Jean-Paul Anciaux, député de Saône et Loire, sur l'évaluation des maisons de l'emploi (janvier 2008) avec sa première annexe et sa deuxième annexe.
Le
rapport de Marie-Christine Dalloz, députée du Jura, sur les maisons de l'emploi (juin 2008)
La loi du 13 février 2008 sur la
réforme du service public de l'emploi

La carte des maisons de l'emploi en métropole en décembre 2008 (source : DGEFP, Dares)

L'annuaire des maisons de l'emploi (réalisé par le ministère de l'emploi, mars 2007) 

La liste des maisons de l’emploi labellisées et conventionnées (juin 2008, source DGEFP)

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